Article de l'édition du 10/09/2008
POLITIQUE NATIONALE
L’Est de la RDC : en finir avec une guerre absurde et honteuse
Par Kä Mana
Une fois de plus, les armes grondent, tonnent, crépitent et explosent à l’Est de notre pays. Entre l’armée gouvernementale et les rebelles de Laurent Nkunda Batware, une fois de plus l’épreuve de force et les conflagrations de la violence meurtrière détruisent toutes les bases de la paix durable à laquelle les populations de cette région et de toute notre nation aspirent depuis longtemps.
Après nous avoir fait croire que de nouveaux temps s’ouvraient à la suite de l’opération Amani et de coûteuses négociations entre belligérants à Goma, le pouvoir central et la rébellion ruinent tous les espoirs de notre peuple en engageant de nouveau des hostilités désastreuses. Comme si toutes les montagnes de cadavres qui s’élèvent à l’Est du pays, et toutes les laves terrifiantes qui coulent des volcans de nos massacres et tueries ne suffisent pas à faire comprendre aux uns et aux autres qu’il est temps de mettre fin à cette guerre absurde et honteuse.
Dans un cycle de plus en plus infernal et vicieux, chaque camp accuse l’autre d’avoir déclenché les hostilités et tente d’imposer à l’opinion publique son point de vue pour justifier des affrontements qui n’ont aucun sens, sauf celui que des belligérants s’époumonent à construire sans se rendre compte que leurs discours ne peut en aucune façon légitimer la logique de destruction d’un pays et d’une population que l’on prétend vouloir défendre ou sauver.
L’ERREUR DE NOS DIRIGEANTS ET LE VRAI CHEMIN DE LA PAIX
Fort de sa légitimité électorale, du principe de l’intégrité du territoire national ainsi que de l’exigence de la sécurité dont il est le garant pour l’ensemble du pays, le gouvernement congolais se sent en devoir d’utiliser toute la force militaire dont il dispose pour réduire à néant une rébellion qu’elle accuse d’être téléguidée, organisée et armée par le Rwanda au nom d’une inacceptable politique de déstabilisation de la RDC.
Malgré plusieurs revers qui l’ont déjà ridiculisé auprès de son propre peuple et montré à quel point ses offensives contre la rébellion n’obéissent à aucune stratégie militaire menée avec génie ni à aucune ambition de défendre de manière cohérente une cause que tout son peuple considérerait comme juste dans ses principes mêmes, le gouvernement se lance dans une nouvelle aventure militaire hasardeuse. Il le fait sans tirer aucune leçon du désastre de la défaite honteuse de notre armée à Mushake, il n’y a pas si longtemps. Sous prétexte de répondre aux provocations des rebelles, il lance une offensive en flagrante contradiction avec toutes les règles élémentaires de l’art militaire. En effet, répondre par les armes lourdes aux provocations des rebelles en engageant vertigineusement toutes les forces dans la bataille signifie que l’on est incapable de maîtriser ses nerfs, d’analyser clairement les rapports de force, de mesurer avec lucidité ses chances de victoire et de s’assurer que les pièges tendus par l’ennemi ne bénéficient pas d’un soutien dans notre propre camp en matière de renseignement militaire. Quand il n’est même pas sûr que notre armée a le moral qu’il faut et une confiance suffisante en elle-même pour affronter directement les forces rwandaises et ougandaises dont nous ne cessons de répéter qu’elles sont la vraie base logistique de Nkunda Batware, à quoi sert-il de nous engager dans des affrontements qui nous conduiront à une nouvelle faillite ou à un nouveau retrait sans gloire, sous la pression des Nations unies ?
Après le désastre de Mushake, si nous avions de généraux de génie dans notre armée, nous aurions dû comprendre qu’une victoire militaire sur Nkunda Batware est une gageure. Nous aurions compris qu’il nous faut renoncer aux armes pour gagner la bataille là où nous devons la gagner : dans les négociations intercongolaises sincères et dans le recours aux instances juridiques et politiques internationales pour des discussions de fond avec le Rwanda et l’Ouganda, en vue de défendre nos intérêts vitaux comme nos voisins doivent aussi défendre les leurs, dans un nouvel ordre politique global de la région des Grands Lacs comme notre niche géographique commune. Une niche dont nous devons extirper toute possibilité de guerre entre nos nations par la construction des projets communautaires sur la base d’une nationalité régionale reconnue et respectée par tous.
Notre gouvernement a beau vouloir se doter de toutes les armes modernes les plus sophistiquées ou faire recours à des arsenaux extraordinaires de destruction à large échelle, les rapports de force en Afrique sont tels que son armée ne gagnera jamais militairement une guerre contre le Rwanda ou l’Ouganda actuellement, dans une bataille frontale. Même par CNDP et FDLR interposés, la situation nous est défavorable et nos généraux devraient le savoir.
Je ne suis même pas sûr que notre peuple, face à la dérive despotique que connaît maintenant le régime congolais, souhaite que notre confrontation avec le Rwanda s’achève en notre faveur, pour affermir et consolider une nouvelle dictature sur toute l’étendue de notre territoire. Quand on a été témoin, comme nous le sommes tous et toutes au Congo, de la neutralisation machiavélique d’Etienne Tshisekedi et de l’UDPS par le pouvoir en place lors des dernières « élections » ; quand on a vu de ses propres yeux la manière, tout aussi machiavélique, dont Jean-Pierre Bemba a été chassé de notre pays, condamné à l’exil puis livré à la Cour pénale internationale pour des accusations cavalières et fantasmatiquement grossies dans les médias ; quand on sait comment nos forces de l’ordre ont massacré les membres de Bundu dia Kongo et comment notre système judiciaire cherche à écraser le député Muanda Nsemi actuellement, on est tenté de ne plus voir en Nkunda une simple marionnette d’une « rwandaïsation » de la RDC ou d’une mise sous tutelle de notre pays par Paul Kagame. On est tenté de le voir sous un autre œil, lui et ses troupes qui deviennent symboliquement une poche de résistance semblable au maquis de Laurent-Désiré Kabila au temps de Mobutu. A l’allure où vont les choses, et compte tenu de la direction dictatoriale que Joseph Kabila Kabange donne à son régime, ne nous étonnons pas de voir Nkunda Batware se transformer en leader défendant les valeurs de la démocratie contre un régime de despotisme destructeur.
C’est notre gouvernement actuel qui opérera cette métamorphose du chef rebelle dans notre imaginaire. Cet homme a les chances de n’être bientôt plus vu comme le « Rwandais » qui veut s’emparer de notre pays avec ses troupes ni comme un « Banyamulenge » au service d’une entreprise prédatrice soutenue par ses « parrains » et protecteurs, mais comme un Congolais qui veut libérer le Congo d’une dictature. Il aura alors gagné la guerre de l’Est dans nos propres cœurs et il disposera dans tout notre pays d’un soutien suffisamment large pour lancer ses troupes sur Kinshasa, quand le despotisme de Joseph Kabila sera pourri de l’intérieur par la corruption qui le gangrène de plus en plus actuellement, comme elle avait gangrené et affaibli le régime dictatorial de Mobutu.
L’Histoire, qui bégaie aujourd’hui dans la guerre de l’Est, risque de se répéter dans une nouvelle marche d’une rébellion vers la capitale, par la faute de ceux qui nous dirigent. Même si ce risque est actuellement minime, compte tenu de la situation mondiale qui est encore quelque peu favorable au gouvernement légitime, il n’est pas sûr qu’à long terme le pays échappe à une implosion due à l’adhésion d’une large partie de nos populations aux perspectives d’une guerre contre la dictature déclenchée par une rébellion plus vaste que celle de Nkunda Batware, avec celui-ci pour point de départ et pour point d’ancrage.
La manière dont nos dirigeants actuels deviennent des prédateurs dans leur propre pays et s’arrogent le droit de s’enrichir fabuleusement dans un contexte de misère généralisée pour les populations n’augure rien de bon. La deuxième République nous avait déjà habitué à ces pratiques de siphonage économique et nous savons comment elle a fini : un pitoyable château de cartes !
J’affirme donc que l’option militaire que notre gouvernement fait face à la rébellion de l’Est dans le contexte de la mise sur pied d’un despotisme kabiliste animé par un esprit de corruption et de prédation économique sera un désastre. C’est la meilleure manière de conforter Nkunda Batware dans son statut d’unique opposant armé crédible et de seule alternative solide au chaos dictatorial, avec l’aide du Rwanda et de l’Ouganda. C’est la voie pour lui permettre de rallier à son combat non pas seulement le cercle restreint de ses adhérents ethniquement ciblés, mais tous ceux qui espèrent le changement au Congo et qui rêvent d’une révolution armée. Ne nous leurrons pas : ils sont de plus en plus nombreux dans la diaspora congolaise comme au cœur même du pays ; et ils songent de plus en plus à plonger la RDC dans une nouvelle aventure militaire comme celle qui partit de l’Est avec l’AFDL. Si les choses s’orientent dans cette direction, nous avons devant nous de longues années de désastre, de tragédie, de souffrances et de calamités. C’est ce cauchemar qu’il faut voir dès maintenant comme horizon de la crise de l’Est.
Dans la mesure où il est impératif pour le régime de Joseph Kabila Kabange d’éviter ce sort sinistre, il n’y a qu’une issue interne véritable à cette crise d’une guerre absurde : la démocratisation réelle, profonde et totale du pays. Il n’y a qu’une stratégie efficace face aux rebelles de l’Est : des négociations intercongolaises sincères, fondées sur une vision éthique de la politique nationale, au nom des intérêts vitaux de la RDC. Il n’y a qu’un chemin à l’échelle mondiale : négocier directement et de manière crédible avec nos voisins ou saisir les instances juridiques internationales en mettant le Rwanda, l’Ouganda et notre pays devant un arbitrage neutre face à tous les contentieux qui nous opposent. C’est dans ce cadre géopolitique et géostratégique d’ensemble qu’il faudra penser le règlement de la crise de l’Est de notre pays, non pas pour neutraliser et écraser Nkunda Batware comme les dirigeants actuels de notre pays l’ont fait avec Etienne Tshisekedi et Jean-Pierre Bemba, mais pour le mettre, lui comme tous les autres acteurs politiques et militaires de notre pays, dans la dynamique d’une démocratie ouverte et solide que devra être la RDC à la face du monde. La vitoire ne sera pas alors la victoire du gouvernement sur les rebelles, mais la victoire du Congo sur lui-même, pour sa prospérité, pour son développement, pour sa renaissance, pour sa reconstruction. Elle sera la victoire de l’Afrique des Grands Lacs sur elle-même, dans son ensemble, pour le bonheur de toutes nos populations.
L’ERREUR DE NKUNDA BATWARE ET LA NECESSAIRE REORIENTATION DE SA LUTTE
Du côté de Nkunda Batware, il me semble que la rébellion telle qu’elle est menée contre le gouvernement central est très personnalisée dans sa vision des problèmes congolais et très étriquée dans ses ambitions pour la nation. En concentrant sa vision sur le contentieux personnel qui l’oppose à l’actuel chef de l’Etat, son « frère », comme il l’a désigné dans une retentissante interview connue de tous en RDC, le chef rebelle donne l’impression de vouloir régler des comptes dont les racines résident dans le jeu interne à l’AFDL dans sa marche sur Kinshasa il y a plus de dix ans déjà. On a l’impression que le fond du problème entre les deux hommes ne concerne pas le sort de la nation congolaise, mais la place que Nkunda Batware aurait voulu avoir et le rôle qu’il aurait voulu jouer au sein de l’ordre politique nouveau. N’ayant pas obtenu un statut à la hauteur de ses ambitions et de son génie tel qu’il le voit lui-même, Nkunda Batware se serait lancé dans une rébellion pour montrer de quoi il est capable. Comme il se juge lui-même militairement supérieur au chef de l’Etat qu’il aurait déjà vaincu à deux reprises, à Pueto et à Mushake, comme il l’a dit dans sa célèbre interview, il espère que ces précédentes victoires sont un signe avant-courreur de la victoire finale et définitive : le fauteuil de chef suprême de la nation congolaise à Kinshasa même.
Devant une telle vision ainsi personnalisée du problème, comment veut-il que Joseph Kabila Kabange, entouré de ses faucons féroces et coriaces, ne veuille pas lui rendre la monnaie de sa pièce en souhaitant tout simplement sa disparition pure et simple de la scène politique nationale ? Le chef de l’Etat ne peut le considérer autrement que ce qu’il veut être : un ennemi politique. En tant que tel, Nkunda Batware ne mérite pas, aux yeux de Joseph Kabila, d’être traité autrement que Tshisekedi et Bemba. Il doit subir le même sort : la neutralisation politique. Pire : l’élimination physique.
A l’échelle des relations entre les deux « frères ennemis », la logique guerrière se situe à ce niveau-là. Vous comprenez pourquoi les négociations entre le gouvernement et les rebelles ne peuvent que piétiner et s’effondrer dans le mensonge et le faux-semblant. Kabila et Nkunda sont électrisés par une haine réciproque profonde, dans une psychologie d’anéantissement pratiquement calamiteuse pour le pays.
Si le chef rebelle s’enferme dans cette logique, je crains qu’il ne perde au change, d’une manière ou d’une autre. Son « frère » ennemi a les moyens financiers de l’Etat et peut nouer des amitiés mafieuses utiles pour la neutralisation de la rébellion, une fois que le Rwanda et l’Ouganda en auraient assez d’une poche de résistance congolaise qui ne donne pas rapidement des résultats escomptés. Comme Joseph Kabila a le tempérament d’un coureur de fond et qu’il a en lui la patience du fauve, il attend ce moment calmement, et c’est Kunda qui en fera les frais, s’il ne dépersonnalise pas sa lutte contre le régime de Kinshasa.
J’ajoute que le chef rebelle commet une deuxième erreur : celui de se confiner dans une lutte purement ethnique, pour la défense des Tutsi congolais, comme il le crie sur tous les toits. Si les Tutsi qu’il défend sont des congolais, il ne sert à rien de mettre à feu et à sang un pays qui est le leur et dont ils doivent revendiquer la nationalité avec fermeté, sans donner à penser qu’ils ont comme alliés d’autres Tutsi au-delà de la frontière, armée puissante dont les intérêts ne peuvent pas, logiquement parlant, être ceux du Congo. A mon sens, Kunda Batware a intérêt à affirmer la « congolité » de sa lutte non pas par la voie d’une « tutsiité » guerrière et destructrice, mais par un effort d’élargissement de sa lutte au profit de toutes les ethnies congolaises qui doivent être reconnues et respectées dans leur propre pays, afin d’y être des forces dynamiques, créatives et paisibles, au sein d’un espace démocratique où l’ethnie ne sert pas à diviser, mais à unir, comme ne cessent de l’affirmer les chercheurs de l’Institut Interculturel dans la Région des Grands Lacs (Pole Institute), dont le message gagnerait à être entendu sur toute l’étendue du territoire congolais. Une telle vision créative de l’ethnie réinsérerait les Tutsi congolais dans le champ politique de leur pays, après les drames des massacres interethniques qui ont émaillé l’histoire de l’Est du Congo jusqu’à nos jours. Si la rébellion ne s’inscrit pas dans cette perspective et qu’elle continue à laisser partout penser qu’elle défend plus une logique de « sang » tutsi qu’une logique de transformation profonde de la nation congolaise en espace démocratique dynamiquement interethnique, elle se coupe de l’avenir de la RDC. Si Kunda Batware ne comprend pas cela aujourd’hui, il n’apparaîtra dans notre histoire qu’en tant qu’élément perturbateur et nuisible, dont le combat n’aura servi à rien pour notre peuple. Il n’aura été qu’un prédateur de plus dans notre jungle politique, un tueur au service d’intérêts étrangers et des conglomérats industriels et d’aventuriers internationaux qui se cachent derrière lui pour détruire la RDC. A ce jeu, Il aura perdu le temps et l’énergie et il aura fait couler le sang congolais dans une aventure absurde et dégradante, qui le conduira à la Cour pénale internationale, un jour ou l’autre. Je ne pense pas que c’est cela qu’il veut, si je me fie à son discours officiel et à sa ligne de défense idéologique.
Il faudra alors qu’il sorte de la logique de la guerre. Non à la manière de Jean-Pierre Bemba qui s’est fait rouler dans la farine par des « parrains » de Joseph Kabila qui lui ont promis monts et merveilles pour mieux le faire neutraliser, mais de façon plus intelligente. Une façon qui consisterait à se servir du Rwanda et de l’Ouganda comme force de pression politique sur Kinshasa et à s’ouvrir au combat politique actuel de l’opposition congolaise, cette opposition que le pouvoir de Kinshasa tend soit à écraser, comme il le fait avec l’UDPS, soit à réduire à un simple purement rôle cosmétique, comme il le fait avec le MLC.
Je le dis plus clairement encore : l’opposition armée contre le gouvernement congolais à l’Est du pays ne doit pas être brandie comme une légitime défense permanente d’une minorité persécutée et meurtrie dans son propre pays par un pouvoir incapable d’assurer sa sécurité. Elle doit se transformer en une force qui veut la paix et la démocratie. Une qui cherche à s’imposer par sa capacité à utiliser la géostratégie guerrière actuelle de la région des Grands Lacs pour promouvoir une autre géopolitique régionale que celle du chaos, dans l’ordre nouveau des ethnies unies des Grands Lacs, ou plus exactement, dans le cadre d’une véritable communauté politique de nos pays de la région, rêve profond de nos peuples et des dirigeants qui souhaitent le bonheur de nos populations aujourd’hui.
Laurent Kunda Batware a intérêt à s’inscrire dans cette dynamique de la paix dans un espace démocratique serein, au lieu de persévérer dans une logique guerrière complètement destructrice pour son image, pour la cause tutsie en RDC et pour le destin de la nation congolaise.
LA PAIX, NOTRE RICHESSE
Ce qui compte aujourd’hui en RDC, c’est la paix. La paix maintenant. La paix dans la démocratie. La paix pour libérer les énergies créatrices et toutes les ressources d’inventivité de nos ethnies, à partir du développement de nos terroirs vitaux. Après tous les malheurs, toutes les souffrances et tous les désastres qui se sont abattus sur notre pays comme des puissances des ténèbres ; après les calamités de dictature qui nous ont vidés de nos capacités de confiance en nous-mêmes, qui nous ont divisés pour mieux nous asservir, qui nous ont fait croire que nos ethnies valent plus que notre nation, nous devrions comprendre que les guerres en palimpsestes telles qu’elles se sont déroulées à l’Est de notre pays ne mènent nulle part. Elles nous ont fragilisés, elles nous ont afflaiblis, elles ont anéanti les immenses possibilités de dévelopement dont notre pays est doté. Nous sommes maintenant là, misérables et impuissants, objets de la risée des pays voisins et du monde entier, peuple noyé dans une tragédie destructrice que nous ne parvenons pas à juguler avec politiques dérisoires et insensées.
Les dirigeants qui nous gouvernent et les rebelles qui s’opposent à eux ne voient-ils pas que nous avons mieux à faire que de nous massacrer et de nous entredétruire dans un pays où Dieu a placé toutes les richesses de la terre à notre service, pour notre bonheur ?
S’ils sont incapables de voir cette réalité magnifique et éblouissante qu’est la République démocratique du Congo, c’est à nous, populations de nos terroirs, de le leur faire voir.
C’est à nous, forces de la société civile, de créer des dynamiques culturelles de la paix entre les personnes et entre les tribus.
C’est à nous, forces du nouveau rêve congolais au sein de nos villages et de nos villes, de moduler, de cristalliser et de faire rayonner une nouvelle conscience d’unité et de cohésion paisible pour le développement sur notre sol.
C’est à nous, énergies spirituelles de la nation, de transformer par notre foi les cœurs, les esprits et la grande imagination de notre peuple face à l’avenir que nous devons faire briller partout sur notre sol.
C’est à nous d’éduquer nos enfants dans le sens de la concorde, de la coopération et de l’harmonie entre les ethnies.
C’est à nous de créer le nouveau Congo et de forcer nos gouvernants et ceux qui leur résistent à nous suivre sur ce chemin de la lumière.