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Article de l'édition du 25/11/2008

FORUM & ANALYSE

VIème Forum pour le développement de l’Afrique

Déclaration consensuelle et plan d’action d’Addis-Abeba 2008

Par  Le Potentiel

Les travaux du VIème Forum pour le déceloppement de l’Afrique qui se sont déroulés du 19 au 21 novembre 2008 ont été sanctionnés par une « Déclaration consensuelle et un plan d’action d’Addis-Abeba ». Au cours de la même session qui a connu la participation de près de 500 délégués venus de tous les coins de l’Afrique la Déclaration de la femme congolaise sur les violences sexuelles comme arme de guerre e, RDC a été retenue.

Projet de déclaration consensuelle et de plan d’action

23. Le Plan d’action d’Addis-Abeba pour mettre un terme à la violence contre les femmes et les filles, assurer l’égalité entre hommes et femmes et l’autonomisation des femmes comprend les principales mesures suivantes qui peuvent avoir des effets de longue portée:

a) une campagne panafricaine pour éliminer la violence contre les femmes et les filles;

b) un financement en faveur de l’égalité des sexes, de l’autonomisation des femmes et de l’élimination de la violence contre les femmes et les filles;

c) des données fiables sur l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et la violence contre les femmes et les filles.

«Agir maintenant, sans délai!» Nous préconisons de lancer en 2009 une campagne panafricaine pour éliminer la violence contre les femmes et les filles. Cette initiative devrait instituer une responsabilité universelle pour protéger et respecter les femmes et les filles, et comporter également des campagnes destinées à changer les valeurs patriarcales, mettre un terme aux pratiques traditionnelles néfastes et à la traite des femmes et des enfants, prévenir et réprimer toutes les formes de violence contre les femmes et les filles, que ce soit en temps de paix, dans des situations de conflit ou d’après conflit, ainsi que pour renforcer les institutions éducatives, judiciaires, de santé, de maintien de l’ordre et de services sociaux qui devraient prévenir et punir ce type de violence. Elle devra s’attaquer aux causes socioéconomiques sous-jacentes de la vulnérabilité, notamment à des aspects tels que les droits limités des femmes en matière de propriété, de logement et de bien. La campagne considère que la violence sexiste est un grave problème de sécurité dont les autorités nationales et internationales doivent s’occuper. Il s’agira de rompre le silence et d’encourager les survivants à témoigner, ainsi que de collecter les bonnes pratiques en matière de lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes. Cela implique de mobiliser les collectivités et les hommes.

25. Les gouvernements qui n’ont pas encore signé ou ratifié la totalité des conventions et protocoles internationaux et régionaux concernant l’égalité homme-femme et la protection des femmes et des filles de toutes les formes de violence doivent le faire sans délai. Tous les pays doivent promulguer des lois nationales correspondant à ces instruments et prendre les mesures nécessaires pour transformer ces engagements en plans d’action nationaux.

26. Les gouvernements doivent recenser et appuyer les programmes communautaires visant à sensibiliser davantage les familles aux questions d’égalité homme-femme et à l’élimination de toutes les formes de violence contre les femmes, dans le cadre de la campagne. Ils devraient créer des services ou des départements du genre dans toutes les institutions de maintien de l’ordre et de sécurité nationale afin de promouvoir l’élimination de la violence contre les femmes et les filles.

27. Les gouvernements ont besoin de programme d’éducation populaire à tous les niveaux pour aider à dé construire la culture négative d’une manière novatrice, pour tirer profit de l’Observatoire africain des droits fondamentaux de la femme afin de suivre les mesures contenues dans ces programmes et d’en évaluer l’impact. Les institutions de recherche et la société civiles africaines devraient bénéficier d’un appui pour pouvoir étudier les moyens d’atteindre ces objectifs.

28. Les institutions et les chefs religieux et traditionnels devraient respecter la législation nationale et les normes internationales dans l’interprétation des pratiques culturelles et des doctrines religieuses.

29. Les forces de police, les services judiciaires, les institutions communautaires et tous les organismes chargés de l’application des lois devraient faire appliquer la législation pour protéger les femmes et les filles de la violence, notamment du viol et de la traite des personnes, et arrêter et punir tout auteur d’acte de violence. En outre, ils devraient établir des pratiques et institutions adaptées aux femmes pour faire face à la violence. Ces éléments devraient faire partie des modules de formation des officiers de police et des officiers judiciaires. Les ministères chargés du genre devraient mettre en place des mécanismes de surveillance pour suivre de façon régulière la violence perpétrée contre les femmes et les filles, et prendre des mesures pour y mettre un terme.

30. Il faudrait intégrer les questions d’égalité homme-femme et de prévention de la violence à l’égard des femmes dans le programme d’enseignement officiel et non officiel, à tous les niveaux. Il faudrait également former les médias sur ces deux questions pour qu’ils jouent un rôle central dans cette campagne. Il est nécessaire de faire participer la société civile et les commissions nationales des droits de 1 ‘homme à cet effort.

31. Il faudrait concevoir et diffuser de nouvelles méthodes pour amener les femmes victimes de violence à en parler et à faire état de leurs expériences et leur permettre d’obtenir le soutien continu dont elles ont besoin.

32. Dans les situations de conflit armé où l’État ne peut exercer pleinement son autorité, des mécanismes régionaux et internationaux pour protéger les femmes et les filles doivent être créés et appliqués. Les pouvoirs publics et les organisations internationales, notamment les forces de maintien de la paix, doivent établir et mettre en oeuvre des plans d’action pour atteindre les objectifs visés dans la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU. Conformément à la résolution 1820 du Conseil de sécurité, des mesures doivent être prises pour prévenir et réprimer le viol en tant que crime de guerre.

33. Les pays doivent mettre en place les mécanismes d’assistance médicale, psychologique et économique nécessaires pour permettre aux survivants d’actes de violence de préserver leur avenir sanitaire, social et économique, ainsi que leur sécurité.

34. Il faudrait mettre sur pied un groupe de travail comprenant des représentants de l’Union africaine, de la CEA, de la Banque africaine de développement, des communautés économiques régionales et des gouvernements, ainsi que des parties prenantes nationales, notamment la société civile, pour diriger la campagne.

35. Financement en faveur de l’égalité des sexes, de l’autonomisation des femmes et de l’élimination de la violence contre les femmes et les filles. Conscient de ce que le manque de financement constitue un obstacle majeur à la mise en œuvre d’engagements et d’obligations liées au genre, le présent Forum appelle de tous ses vœux un financement spécifique en faveur de l’égalité des sexes, de l’autonomisation des femmes et de l’élimination de la violence contre les femmes, dans le cadre des dépenses à moyen terme de chaque pays. Les participants au Forum demandent des mesures aux niveaux national, régional et international.

36. Les gouvernements africains devraient formuler et appliquer des politiques fiscales et des allocations de ressources soucieuses d’égalité des sexes, d’autonomisation des femmes et d’élimination de la violence contre les femmes. Il faudrait à cet effet instituer la transparence budgétaire, le contrôle des dépenses publiques pour l’égalité homme- femme et l’investissement en faveur des femmes, si l’on veut assurer un suivi efficace. Il convient de renforcer les connaissances de mécanismes budgétaires à tous les niveaux, notamment au sein de la société civile.

37. Chaque ministère devrait élaborer un plan global pour promouvoir l’égalité des sexes dans le cadre des dépenses à moyen terme. Les ministères des Finances et de la Planification de chaque pays devraient veiller à ce que chaque ministère sectoriel alloue des ressources suffisantes à ces programmes, dans le respect des principes de financement en faveur de l’égalité des sexes. Il faudrait donner au parlement les moyens de devenir une force agissante et capable de jouer son rôle de contrôle à cet égard.

38. L’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique et la Banque africaine de développement, en collaboration avec le système des Nations Unies, devraient établir un groupe de travail mixte pour renforcer la capacité des institutions gouvernementales en vue de mettre en place les mécanismes nécessaires pour institutionnaliser cette activité, dans un délai de douze mois, de façon à s’acquitter de cette mission sur une période de trois ans. En outre, le Groupe de travail mixte devrait aider à former des représentants du gouvernement et des membres de la société civile pour assurer le suivi des impacts de l’allocation et de l’utilisation des ressources financières sur les hommes et les femmes, ainsi que sur l’objectif consistant à mettre un terme à la violence contre les femmes.

39. Le lancement et la mise en œuvre du Fonds d’affectation spéciale pour les femmes de l’Union africaine, conformément à la décision de la Conférence de l’Union africaine, devront être effectués à la date de juillet 2009 fixée par le Conseil exécutif. Les gouvernements, et les partenaires internationaux et le secteur privé devraient être encouragés à lui fournir des ressources suffisantes pour lui permettre de s’acquitter de son mandat.

40. L’organisme des Nations Unies pour la femme dont la création est proposée devrait être mis sur pied pendant l’année 2009 et doté d’un financement minimum de 1 milliard de dollars É.-D. par an, de façon à assurer que les ressources et l’expertise parviennent à tous les niveaux, en particulier au niveau communautaire.

41. Les gouvernements et les partenaires de développement devraient traduire en outils efficaces la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide et le Plan d’action d’Accra pour la mise en œuvre par les gouvernements et eux-mêmes de leurs engagements vis-à-vis de l’égalité homme-femme.

42. Données fiables sur l’égalité des sexes et la violence contre les femmes et les filles. L’établissement d’une base de données fiables sur tous les aspects de l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et la violence contre les femmes et les filles constitue une condition préalable à l’élaboration de politiques pertinentes et au suivi de l’efficacité de mesures. Parmi les données figurent également les biographies des femmes et des filles qui ont survécu à la violence et à l’exploitation. En plus de leur collecte, il est également important que les données soient analysés, diffusés et utilisés comme base d’élaboration et de mise en œuvre des programmes ainsi que de suivi et d’évaluation des activités. Il faudrait également utiliser les TIC pour assurer une meilleure diffusion des données. Tous les États membres et les partenaires devraient coopérer à l’amélioration de l’Indice au développement et des inégalités entre les sexes en Afrique et au renforcement des capacités et au perfectionnement des systèmes de collecte, d’analyse, de diffusion et d’utilisation des données ventilées par sexe en fonction du genre. L’UA, la CEA et la BAD devraient publier conjointement un rapport régulier, intitulé: «La situation de la femme en Afrique», sur la base de ces données.

Déclaration de la femme congolaise sur les violences sexuelles comme arme de guerre en RDC

Je dénonce

Moi, Femme de la République Démocratique du Congo, Des profondeurs de mon pays, violentée et meurtrie depuis que j’ai accepté, en 1994, d’offrir mon hospitalité dans le cadre du couloir humanitaire de l’Opération Turquoise ...

Je dénonce, Je dénonce que je suis déshumanisée ...

Je dénonce que je suis violée par des cohortes armées, par des bandits de tout bord ...

Je dénonce que je suis transformée en bête de somme sexuelle ; Je n’ai pas d’âge: je suis une petite fille violée dès mon berceau, je suis une jeune fille à l’avenir brisé par les viols, je suis une mère de famille disloquée par les violences sexuelles; Je suis une vieille femme déshonorée et avilie par des inconnus ... Ils m’ont violée :

- devant mes parents;

- devant mes enfants;

- devant mon mari ;

- devant mes amis;

- devant mes voisins;

- et même dans la rue.

Je n’ai pas de visage, je n’ai plus d’âme, je n’ai plus de vie ... Je n’ai plus de sourire, je n’ai que des pleurs.

Le viol massif des femmes au Congo est utilisé comme une arme de guerre pour briser les consciences.

Il est un moyen de propagation du VIH/SIDA pour décimer à terme les populations congolaises.

Les grossesses précoces et non désirées sont légion; Les déformations des membres et des parties génitales pullulent; Les familles, creuset de la vie, sont disloquées; Les déplacements massifs des populations sans logis et soumises à l’errance sont généralisés et récurrents; L’aggravation de la pauvreté a atteint des limites extrêmes.

Face à cette hécatombe qui continue à s’abattre sur la femme du Congo, Que fait le Monde?

Qu’a-t-on fait des engagements contenus dans :

- la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies d’octobre 2000 ?

- la Résolution 1820 du Conseil de Sécurité de Juin 2008 ?

- le Protocole sur la Prévention et la Répression des violences sur les femmes et les enfants de décembre 2006?

- le Pacte sur la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région de Grand Lacs du 15 décembre 2006 ?

- les Résolutions sur les violences sexuelles faites aux femmes en RDC, prises par le Parlement Belge le 08 Décembre 2004 ?

Faisant appel à la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme, au droit à la vie, à la sécurité et à la dignité;

Je dis Stop aux violences sexuelles faites à la femme; Stop aux bandes armées: CNDP, FDLR, LRA ... Stop à la balkanisation de la République Démocratique du Congo; Stop aux traîtres ; Stop aux agresseurs; Stop aux pilleurs et aux receleurs des ressources naturelles.

Devant quatre millions de morts et deux millions de déplacés de cet holocauste oublié du Congo; Combien en faut-il encore pour que le Monde mette fin à ma détresse et à ma douleur.

Je crie Non à l’impunité Oui aux efforts pour une paix effective et durable Oui au renforcement du programme AMANI Je veux vivre en paix et dans la dignité… Je dois vivre en paix et dans la dignité Debout, je veux bâtir mon pays et participer moi aussi a l’essor de l’Humanité... Je lance

Un appel vibrant à toutes les femmes et à tous les hommes épris de paix; de faire obstacle au plan de l’ennemi et de renforcer les efforts de paix du Président de la République Joseph KABILA et du Peuple congolais. Je m’engage

A barrer la route à tout ce qui peut perturber les Institutions démocratiques chèrement acquises car je me suis mobilisée plus que quiconque pendant les élections pour qu’un changement démocratique arrive en RDC.

Fait à Kinshasa, le 08 novembre 2008.

La Femme congolaise

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