Article de l'édition du 28/06/2005
POLITIQUE NATIONALE
Paix dans les Grands Lacs
Rebelles rwandais en Rdc : l’éclatement
Par Le Potentiel
C’est une nouvelle donne dans la marche vers l’instauration d’une paix durable dans la sous-région des Grands Lacs, après l’éviction du président des Forces démocratiques de libération du Rwanda établis en Rdc depuis plus de dix ans.
Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr), dont les troupes sont présentes sur le territoire de la république démocratique du Congo depuis le génocide rwandais de 1994, et auquel ils auraient pris part, selon les déclarations répétées du gouvernement rwandais, vient de connaître une profonde scission, capable de remettre en cause le rapatriement des combattants rwandais vers leur pays.
Tout a commencé par un communiqué du Commandement militaire pour le changement (Cmc), qui dissout le Haut commandement- Foca, jusqu’à ce jour dirigé par Ignace Murwanashyaka, vivant en exil en Allemagne. Celui-ci est accusé d’entretenir le blocage du processus de Rome initié par la communauté Sant’ Egidio, et qui a connu la signature, le 31 mars, d’une déclaration conjointe Rdc-Fdlr, au terme de laquelle les rebelles rwandais s’engageaient à renoncer à la lutte armée, et à regagner leur pays dans les délais les plus courts. Le communiqué du Cmc annonce qu’Ignace Murwanashyaka est relevé de ses fonctions de président des Fdlr à compter du 27 juin 2005 ; il est remplacé par le lieutenant colonel Hakizabera Christophe, membre fondateur des Fdlr.
Le nouveau commandement demande « à tous les combattants-Abacunguzi, qui sont nombreux à soutenir le processus de Rome, et aux réfugiés de s’inscrire dans la logique et la dynamique de paix sous la médiation de la Communauté Sant Egidio (…) au gouvernement de la Rdc de soutenir notre dynamique et d’accepter la relance du processus de Rome (…) au front patriotique rwandais- Inkotanyi et au président Kagame de saisir notre offre pour s’inscrire dans le processus de paix de Rome, initiative capable de ramener une paix durable dans la région (…).
INTERROGATIONS
La décision de l’aile des Fdlr présente sur le sol congolais de démettre sa direction politique apporte plus de confusion qu’elle ne laisse entrevoir une solution à l’épineuse question du retour des rebelles rwandais.
Le communiqué du Cmc n’indique pas en effet si le nouveau commandement adhère à la thèse du gouvernement rwandais qui accepte le retour des ex-combattants, sans aucune concession politique de quelque nature que ce soit. De même que Kigali est restée constante dans sa détermination selon laquelle tous les génocidaires parmi les Fdlr devaient répondre de leurs actes devant la justice, notamment devant les tribunaux populaires gacaca. Il reste à présent à voir avec quelle branche des Fdlr Kinshasa serait disposée à réchauffer le processus de Rome, resté en léthargie depuis sa signature il y a 3 mois.
M.M.F.