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Edition 3966 du Mardi 06 Mars 2007

POLITIQUE NATIONALE

Blanchi par la justice,

L’échevin Mampaka attend son retour à la ville de Bruxelles

Par  Le Potentiel

Tous les regards sont, désormais, tournés vers la Présidente du CDH, Joëlle Milquet, en vue de la réhabilitation de Bertin Mampaka, en qualité d’Echevin, à la ville de Bruxelles, à la suite du jugement de justice dont il vient de bénificier dans l’Affaire qui l’opposait au MR Geoffrey Coomans de Brachène et à l’Ecolo Henri Simons.

Lors des dernières élections communales, Bertin Mampaka avait réalisé un très bon score de plus de 2500 voix lui permettant de rempiler. A cause d’une rocambolesque affaire de facture de communications téléphoniques jugée exorbitante, Joëlle Milquet, la Présidente de son parti, alors qu’elle était mise sous pression par le MR, Ecolo et le PS, au lendemain des révélations de l’affaire Immo-Congo, avait préféré le mettre à l’écart pour une durée de trois mois, le temps qu’il soit blanchi par la justice. C’est chose faite ! La plainte déposée contre lui, devant le Procureur du Roi, par le Conseiller communal MR Geoffrey Coomans de Brachène et l’Ecolo Henri Simons, pour non-respect de la loi sur le contrôle des dépenses électorales vient d’être classée sans suite. A en croire le journal le Soir qui rapporte cette nouvelle, c’est avec soulagement que l’ancien Echevin Bertin Mampaka a accueilli cette décision de la justice belge. « Cette décision permettra au choix des 2543 Bruxellois d’être respecté», aurait-il déclaré. Pour montrer sa détermination à rentrer dans ses droits, Mampaka a mis la Présidente de son parti devant ses responsabilités et sa parole donné à cet effet : « Je fais confiance à mon parti et à ma présidente, qui a pris l’engagement de me faire remonter dès que tout était clarifié. C’est le cas aujourd’hui», a-t-il conclu.

Désormais, il faut reconnaître que plus rien ne s’oppose au retour de Mampaka. Hamza Fassi-Fihri qui l’avait remplacé, pour le compte de son parti, a déposé sa démission. De surcroît, le Bourgmestre PS Freddy Thielemans n’y trouverait plus aucune objection, dès lors que les notes de téléphone querellées ont été payées.

Quant à la communauté africaine qui se sentait trahie par la disqualification de son élu à la Ville de Bruxelles, elle piaffe d’impatience en attendant sa réhabilitation pour se reconcilier avec le CDH et sa présidente qu’elle n’avait cessé d’accuser de n’avoir rien fait pour le défendre, alors qu’elle lui doit son succès électoral à Bruxelles. «Di Rupo a pris fait et cause pour Arena, Milquet, si elle disait ne pas être convaincue de sa responsabilité, n’a pas mieux fait que déplorer, gênée, que Mampaka ait manqué de prudence pour s’éviter tout tracas ou reproche», disent la plupart des membres de cette communauté.

Véritable bête politique, Mampaka a continué à protester de son innocence et n’a pas souhaité quitter le parti, dès lors qu’il n’en voyait pas l’utilité. Et pourtant, il ne manquait guère de prétexte.

Sous le titre « Le champion du stemblok s’est fait avoir: Bertin Mampaka le pigeon», le journal satirique belge UBU, dans sa livraison du jeudi 1er mars dernier, note qu’il a été privé d’attributions substantielles sur la base de simples rumeurs. C’est ainsi que Mampaka s’est vu attribuer la gestion de Mabru, «un marché matinal situé le long du canal, une asbl qui emploie huit personnes dont quatre ouvriers», alors que certains de ses collègues comme Ceux et Hamza Fassi-Fihri ayant obtenu peu de voix aux élections ont en charge 300 à 800 personnes, écrit le journal.

En filigrane de cette poisseuse affaire articulée manifestement par une accusation qui n’en était pas moins ridicule, UBU ne se fait pas faute de souligner que si on en est arrivé là, c’est «suite à une cabale de la presse subsidiée évoquant à coup de grands titres et de fausses factures les dépenses» de Bertin Mampaka. Et, justement, ce qui est scandaleux est que cette même presse a pris une attitude nettement hostile depuis que Mampaka a commencé à engranger des victoires importantes à la Ville de Bruxelles. Et au lendemain de sa victoire électorale, elle ne se contentait plus d’écrire, mais elle injuriait. En plus des pamphlets mal inspirés, notamment pour l’empêcher d’intervenir dans le débat électoral dans son pays d’origine, la RD Congo, l’intéressé a même eu droit à une salve d’allusions malveillantes à caractère calomnieux et raciste. Selon certaines sources, ce qui le révulse le plus est que certains membres du parti à qui il portait ombrage auraient encouragé en sous-main cette campagne de dénigrement. D’ailleurs, parallèlement à ce retour, comme à l’époque, l’on a appris que Georges Dallemagne quitte la Ville de Bruxelles pour « mieux s’occuper de sa famille et des élections fédérales» (sic). Selon des indiscrétions, la vérité serait ailleurs. Entre autres raisons invoquées, il s’agirait de l’affaire de fausses domiciliations. L’intéressé habiterait à Woluwé alors qu’il est censé avoir son domicile à Bruxelles-Ville.

FRANÇOIS KAY