POLITIQUE NATIONALE
Sommet de la Francophonie à Kinshasa en 2010
Le souhait de la France et les réserves de la RDC
Par Albert tshiambi
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est arrivé hier vendredi 25 janvier à Kinshasa. Dans ce déplacement, Kouchner est accompagné de deux députés du parlement Français en charge des relations franco-congolaises. Quelques heuress après, il a été reçu par le président de la République, Joseph Kabila. Au menu de leur entretien, le réchauffement de la coopération bilatérale entre la RDC et la France. Avant d’évoquer d’autres questions relatives aux projets de développement que Paris compte réaliser en faveur de Kinshasa. Sur ce point précis, le chef de la diplomatie française a indiqué que son pays est prêt à écouter et à être présent en RDC en termes de projets et de financements. Non sans reconnaître que la France n’a pas été présente de manière permanente en RDC. Et le ministre Kouchner de préciser : «Un certain nombre de projets ont été présentés par le président Kabila que j’ai acceptés volontiers»
En ce qui concerne la tenue du Sommet de la Francophonie en 2010 à Kinshasa, le ministre français a laissé entendre que son pays souhaite voir la RDC accueillir ce Sommet en 2010. Pour ce faire, a-t-il précisé, une équipe devrait faire le déplacement de Kinshasa et devrait se réunir autour d’Abdou Diouf; secrétaire général de la Francophonie, pour examiner les modalités de la tenue de ces assises à Kinshasa. En même temps, Bernard Kouchner comprend les hésitations de Kinshasa : « Il y a certainement des priroités pour le président Kabila, pour son pays et ses habitants qui ne sont pas seulement pas d’accueillir cette conférence ».
Les réserves de Kabila
Le président Kabila, de son côté, estime qu’il y a d’autres priorités qui méritent le bénéfice de l’urgence que la tenue d’un sommet de la Francophonie à Kinshasa, a dit le minsitre français entre les lignes. Pour Bernard Kouchner, le président Kabila s’est peut-être déjà engagé dans des actions qui vont procurer un mieux-être au peuple congolais. Il a donc raison, a expliqué le minsitre français des Affaires étrangères, de négliger et repousser ce sommet pour quelques années. Mais, a-t-il ajouté, nous avons espoir que la RDC accueillera ce sommet, non par néocolonialisme de retour, mais parce que la RDC est le plus grand pays Francophone du monde et le plus important. Si le sommet de la francophonie se tient à Kinshasa, ce serait bien. C’est au président Kabila, bien entendu, de décider. Cependant, il faut souligner que l’opinion congolaise souhaite, comme la France, que ce Sommet se tienne à Kinshasa en 2010. ça sera l’occasion que la RDC retrouve sa place dans le concert des Nations, après avoir pris la présidence de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC).
Par la même occasion, il a annoncé que le président congolais est invité en France au mois de mars prochain, toujours dans le cadre de raffermissement des relations d’amitié et de coopération entre la France et la RDC. Au cours de la même journée d’hier vendredi, le diplomate français a été également reçu par le Premier ministre Antoine Gizenga. Avec le chef du gouvernement congolais, Bernard Kouchner a évoqué des questions liées à la situation humanitaire préoccupante dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu et les perspectives de coopération entre les deux pays. Notamment, l’ouverture dans les jours à venir de l’Ecole nationale d’administration à Kinshasa et de deux consulats français en RDC.
Après l’étape de la RDC, le chef de la diplomatie française devrait se rendre à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Sur place, il aura des entretiens avec le gouverneur de cette entité politico-administrative, Julien Paluku. Selon un communiqué de presse de l’ambassade de France en RDC, parvenu à notre rédaction, l’homme d’Etat français aura à visiter le camp des déplacés de Mugunga afin d’évaluer les besoins humanitaires et réconforter de nombreuses familles vivant dans ce camp. C’est ce samedi qu’il est attendu à Kigali, au Rwanda.