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Edition 4258 du Mercredi 27 Fevrier 2008

POLITIQUE NATIONALE

Réforme du secteur de la sécurité : dépolitiser le débat

Par  RICH NGAPI

Un forum sur la réforme du secteur de la sécurité en RDC a été ouvert le lundi 25 février 2008 à Kinshasa. Ces assises, très attendues, ont fait face à un lot de problèmes et permis d’exorciser ce secteur névralgique de la vie nationale. A l’issue des résolutions prises, les participants devront s’abstenir de ramener la sécurité au niveau des personnalités de l’Etat en vue de la conservation du pouvoir.

« Tous les Congolais ont droit à la paix et à la sécurité, tant sur le plan national qu’international », stipule l’art.52, al.1 de la Constitution. Mais, à y regarder de près, ces deux concepts deviennent de plus en plus une denrée rare en RDC. Surtout dans la partie Est du pays. Entre-temps, il s’est tenu à Kinshasa, du 25 au 26 février, un forum sur la réforme de la sécurité. Cette grand-messe sécuritaire a bénéficié de l’appui de plusieurs partenaires, notamment l’Afrique du Sud, l’Angola, la Belgique et la France qui apportent leur assistance technique, principalement à l’application du plan directeur global de la réforme de l’armée.

Ce plan de réforme remonte au Dialogue intercongolais, en décembre 2002. En son temps, tous les signataires de l’Accord global et inclusif avaient émis le vœu de reformer toutes les branches du secteur, notamment l’Armée, la Police et les Services de renseignements. Mais, hélas ! Comme l’appétit vient en mangeant, les intérêts politiques ont pris le dessus sur toute autre considération, faisant oublier aux hommes politiques l’urgence et l’impérieuse nécessité de réformer la sécurité, qualifiée à juste titre de priorité des priorités dans les réformes pour assurer un développement durable de notre pays. La sécurité, c’est le sous-bassement qui ferait du Congo « un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible… » (art.1er) de la Constitution.

VERS UNE ARMEE REPUBLICAINE

« Les forces armées sont républicaines. Elles sont au service de la nation tout entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres. Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile» (art.188). C’est en ces termes que la Constitution prévoit le statut de l’armée congolaise. Ce postulat demeure encore un vœu pieux ou mieux un idéal jamais atteint par les pouvoirs en place. Et pourtant, le constituant attribue une noble mission aux FARDC. « Les forces armées ont pour mission de défendre l’intégrité du territoire national et les frontières... » (art.187).

Malgré le chapelet de bonnes intentions, le type d’armée tant souhaitée par tous, n’a jamais été constituée. Bien sûr que dans le cadre du brassage, 14 brigades sur 18 ont été mises sur pied, l’armée continue à souffrir de ses vieux maux, notamment les effectifs pléthoriques, manque de modernisation et de professionnalisation, solde insignifiante, absence de moyens logistiques conséquents sur le terrain des opérations.

Comme si cela ne suffisait pas, la transition 1+4 avait déversé dans l’armée des éléments incontrôlés venus des groupes belligérants qui se sont mués en partis politiques. La conséquence ? Il n’est pas étonnant d’apprendre aujourd’hui que tel Colonel ou tel Général d’armée est un ancien porteur de mallette d’un chef rebelle. Va-t-on demander à un tel officier de tracer un plan de guerre ou de concevoir une stratégie de sécurité ? Peine perdue.

DEPOLITISER LE DEBAT

D’ailleurs, l’ancien représentant de l’Union européenne dans les pays des Grands Lacs, Aldo Ajello, avait bien vu lorsqu’il dit : « Le problème de la RDC, c’est avant tout l’armée et la police ».

Quant à la Police nationale, il convient de louer les efforts qui y déploient pour lui permettre de bien remplir sa mission. « La police nationale est chargée de la sécurité publique, de la sécurité des personnes et de leurs biens, du maintien et du rétablissement de l’ordre public ainsi que de la protection rapprochée des hautes autorités » (art. 182). La plus grande preuve, c’est la sécurisation des scrutins présidentiels et législatifs de 2006.

Le forum qui s’est tenu du 25 au 26 février 2008 devra jeter les bases d’une vraie réforme du secteur de la sécurité. Les participants se feront l’obligation d’approuver des mesures appropriées pour qu’à court et à long termes, la situation s’améliore dans le secteur de la sécurité. Ils doivent s’abstenir de ramener la sécurité au niveau des personnalités de l’Etat en vue de la conservation du pouvoir. Car, « la police nationale est apolitique Elle est au service de la nation congolaise. Nul ne peut la détourner à ses fins propres » (art.183).

Pour leur part, les partenaires devront aider et accompagner le gouvernement de la RDC dans l’édification d’une armée professionnelle et d’excellence, une armée de production et de reconstruction.