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Edition 4343 du Mardi 27 Mai 2008

POLITIQUE NATIONALE

Difficile processus de paix dans les Grands Lacs

Les FDLR disent ne pas être pas concernés par la rencontre de Kisangani

Par Faustin Kuediasala

Un groupe de rebelles hutus rwandais basé dans l’Est de la République démocratique du Congo s’est dit lundi prêt à désarmer, mais pas à regagner le Rwanda, lors d’une rencontre avec les autorités de RDC et la communauté internationale à Kisangani, rapporte l’Agence France presse. Malgré ce vent d’optimisme, le revers est de Forces démocratiques pour la libération de Rwanda (FDLR), où depuis Paris, ses leaders politiques disent ne pas être concernés par tout ce qui se passe actuellement à Kisangani.

« Nous affirmons notre ferme volonté de nous engager dans le processus de désarmement » des combattants étrangers, décidé par la RDC et le Rwanda à Nairobi en novembre 2007, affirment ces rebelles dans une « feuille de route » lue par un de leurs représentants, a constaté l’AFP. Estimant toutefois que les « conditions de sécurité » ne sont pas réunies pour permettre actuellement leur retour au Rwanda, ils demandent à la RDC leur « relocalisation » dans des provinces du pays non frontalières avec le Rwanda et de leur accorder le statut de réfugié.

Ces rebelles sont regroupés au sein du Congrès national pour la démocratie (CND), qui comprend le Rassemblement pour l’unité et la démocratie (RUD) et le Rassemblement du peuple rwandais (RPR). Ils sont estimés au total à quelque 500 combattants et environ 3.000 dépendants.

LE GRAND REVERS

Le principal mouvement de rebelles hutu rwandais basé en RDC, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui comptent près de 6.000 combattants, a refusé d’être associé à la rencontre de Kisangani. La prise de position est contenue dans un communiqué, publié depuis Paris et signé par Callixte Mbarushimana, qui se présente comme secrétaire exécutif des FDLR. A travers ce communiqué, les FDRL indiquent que les éventuelles « résolutions qui sortiraient de cette réunion (NDLR : de Kisangani) ne sauraient en aucun cas l’engager ».

« Les Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) informent le public, les médias et la Communauté Internationale que, contrairement à ce qui a été diffusé par les médias comme la BBC du 23 mai 2008, aucun représentant des FDLR ne participe à la rencontre organisée par le Gouvernement de la RDC à Kisangani en République démocratique du Congo », peut-on lire dans ce communiqué.

Le communiqué poursuit, en faisant savoir que « les FDLR informent le public, les médias et la communauté internationale que cette réunion de Kisangani est une rencontre organisée par le gouvernement de la RDC avec des dissidents qui ont été exclus des FDLR pour haute trahison. Par conséquent, les FDLR déclarent que les résolutions qui sortiraient de cette réunion ne sauraient en aucun cas engager l’Organisation ».

Réfutant toute compromission par rapport à ce qui se fait actuellement à Kisangani, les FDLR rappellent, par ce communiqué, « leur position exprimée dans leur précédent communiqué N.04/SE/CD/FDLR/MAI/2008 du 22 mai 2008 et réaffirment leur attachement indéfectible au processus de Rome qui est le seul cadre de concertation connu à ce jour entre les autorités congolaises et les FDLR sous la médiation de la communauté San’Egidio ». Le communiqué conclut en appelant « tous les Abacunguzi à rester unis et vigilants afin de ne pas tomber dans les pièges que l’ennemi serait tenté de leur tendre pour les détourner de leur mission qui est et reste la libération de leur mère-patrie, le Rwanda ».