POLITIQUE NATIONALE
Cour militaire de Kinshasa/Gombe
Procès Kutino : la partie civile soutient la thèse de la participation criminelle
Par Donatien Ngandu Mupompa
On est maintenant en pleines plaidoiries, dans le procès qui oppose le ministère public et la partie civile Ngalasi au prévenu Kutino. Pour la journée du mercredi 28 mai 2008, trois avocats du pasteur Docteur Ngalasi Aggrey se sont succédé à la barre. Ils ont tous soutenu la thèse de la participation criminelle dans le chef des prévenus. Selon eux, l’archbishop Kutino est le planificateur, l’argentier et chef de bande qui a failli attenter à la vie de leur client.
Hier mercredi 28 mai, le collectif de la partie civile pasteur Ngalasi Aggrey a ouvert les hostilités dans le procès de l’archbishop Kutino Fernando. Pour cette première manche, il y a eu Mes Bile, Théodore Nganzi et Adelard Kambanga. Pour Me Bile, l’affaire qui oppose les deux hommes de Dieu a pour cause la parcelle louée jadis par l’Eglise «Armée de Victoire» de l’archbishop Kutino et achetée par l’Eglise «La Louange» du pasteur Ngalasi. Cet avocat a révélé qu’au début du conflit, l’archbishop avait demandé à la justice l’annulation de la vente conclue entre Nendaka et Ngalasi. Et il faisait tout pour récupérer la parcelle.
Dans sa plaidoirie, cet avocat a dit ceci : « L’archbishop Kutino cherchait par tous les moyens à se tirer d’affaire. Alors qu’il poursuivait le pasteur Ngalasi sur le plan judiciaire, il avait aussi un plan machiavélique. Et il a commencé par prêcher dans son église que tout celui qui blaguerait avec lui finirait mal ».
C’est ainsi, a soutenu Me Bile, que l’arcbishop Kutino, l’homme qui disait peser lourd, va tout mettre en œuvre. Et ceci, en sa qualité de chef de bande, de planificateur et de bailleur de fonds. Selon cet avocat, l’archbishop associera le bishop Bompere Mbo, son fils spirituel et homme de confiance, expert en matière d’espionnage. Et Bompere va profiter d’une relation qui le lie au petit frère David Ngalasi pour s’approcher du grand frère Aggrey. C’est ainsi qu’invité à la résidence de Mont-Ngafula, Bompere examinera les lieux et saura que pasteur Ngalasi y séjourne chaque week-end. « Voilà pourquoi les deux tentatives d’assassinat ont eu lieu le week-end », a dit Me Bile.
Quant à Me Théodore Nganzi, il s’est efforcé de démontrer les obstacles qui ont fait traîner cette affaire qui a commencé en 2002, à cause d’un conflit parcellaire qui a amené à des actes criminels. A ce moment-là, a relevé ce conseil, Kutino n’avait pas encore commencé sa campagne politique de 2003. Et en 2006, il y avait maintenant un autre contexte sur le plan politique. C’est ainsi qu’à cause de la bipolarisation, arrêté pour détention d’armes, l’archbishop a été plutôt présenté dans l’opinion comme un leader politique. Ce qui a un peu compliqué la situation de la partie civile.
Parmi les obstacles qui ont retardé le procès, Me Nganzi a cité l’évasion du prévenu Maboso qui n’a réapparu qu’en 2004. Il a aussi parlé de la libération de Bompere en 2004 sur base des pressions politiques. Pendant ce temps, certaines traces de l’infracrtion auraient disparu, a fait remarquer cet avocat. Et il s’est exclamé : « Pendant ce temps, on accuse le pasteur Ngalasi d’être manipulé par le pouvoir en place. Ce qui n’est pas vrai ».
Les autres obstacles épinglés sont l’absence prolongée de l’archbishop Kutino et son camp politique qui aurait excellé en influence négative. A cela, il a ajouté la considération que l’opinion accorde aux hommes de Dieu qui ont leur base, leurs fidèles. Ce qui soulève beaucoup d’agitation. Cet avocat a aussi fustigé l’attitude partisane d’une certaine presse audiovisuelle, tout en félicitant certaines chaînes qui ont pu apaiser l’opinion. Il a aussi dénoncé les manœuvres dilatoires des avocats de la défense sur l’incompétence des juridictions militaires pour le jugement de l’archbishop.