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Edition 4558 du Mercredi 11 Fevrier 2009

POLITIQUE INTERNATIONALE

Coopération internationale

La Russie s’oppose à l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC

Par  Matshi

La politique étrangère de la Fédération de Russie, la coopération Russie-Afrique et Russie-RDC ont constitué la trame de sujets développés mardi par le nouvel ambassadeur de Russie à Kinshasa au cours d’une conférence de presse à l’occasion de la journée du diplomate organisée par son ambassade.

Le nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie à Kinshasa, M. Anatoly KLIMENKO, a tenu mardi à la représentation diplomatique de son pays à Kinshasa/Gombe, sa première conférence de presse axée sur la politique étrangère de la Russie, la coopération entre la Russie et le continent africain et les relations bilatérales entre Moscou et Kinshasa, où il a présenté ses lettres de créances le 13 novembre dernier.

Justifiant cette rencontre dont il veut faire une tradition avec la presse en instituant au moins deux entretiens par an, le diplomate russe a souligné l’importance que représentent les médias dans le renforcement des relations entre les pays ainsi que dans la connaissance mutuelle des peuples.

«Vous êtes le quatrième pouvoir avec lequel il faut compter dans le renforcement des relations», a-t-il déclaré, avant d’évoquer les relations entre son pays et la République démocratique du Congo.

RELATIONS RUSSIE-RDC

Selon le diplomate russe, les relations entre la République démocratique du Congo et la Russie n’ont pas toujours été heureuses. Elles ont connu de moments de turbulences, au point d’être rompues totalement vers les années 80-90 à l’époque de la République du Zaïre.

Mais depuis 2.000, comme pour l’ensemble du continent africain, fini le temps où les relations entre Kinshasa et Moscou étaient tumultueuses. L’heure est, non seulement à la normalisation, mais surtout au renforcement des liens entre les deux pays, selon l’ambassadeur Klimenko.

Il a évoqué la rencontre en septembre dernier, en marge du Conseil de sécurité, de deux ministres des Affaires étrangères russe et congolais qui ont parlé de la coopération bilatérale.

La visite à Moscou en avril prochain de l’actuel ministre congolais des Affaires étrangères Alexis Thambwe Mwamba, a-t-il ajouté, permettra de propulser en avant cette coopération, notamment en créant des conditions propices à un dialogue à haut niveau.

A ce stade, devait-il ajouter, la tâche de l’ambassade et du ministère des Affaires étrangères russes est immense et consistera à mobiliser des énergies et des potentialités pour le développement mutuel.

Mais sur le terrain, la Russie a mobilisé, à travers le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, environ 200 millions de dollars américains d’assistance humanitaire pour les populations de l’Est du pays.

Au plan culturel, a dit l’ambassadeur Anatoly Klimenko, la Russie accorde chaque année 20 bourses d’études gratuites aux étudiants congolais. Mais en 2008, elle a accordé 1.000 bourses d’études et assuré la formation de 33 officiers congolais.

Moscou participe également à la sécurité de la RDC à travers la Monuc avec deux groupes d’hélicoptères mobilisant 200 personnes, alors que 47 observateurs, 10 policiers et une dizaine de civiles russes oeuvrent au sein de la Monuc.

La Russie participe aussi au règlement du conflit à l’Est de la RDC. Déjà en 1990, quand la question de la partition de la RDC était en discussion à l’ONU, au motif que le pays était trop grand pour être administré uniquement à partir de l’administration de Kinshasa, la Russie s’était opposée à cette partition et plaidé pour le respect de l’intangibilité des frontières, a révélé l’ambassadeur Klimenko, comparant la situation de la RDC à celle de l’ex-Urss dont on prétendait qu’elle était trop grande.

Tout récemment, alors que le général déchu Nkundabatware était à la porte de Goma, Moscou s’est aussi opposé à la délivrance d’armes lourdes à la rébellion.

De révélation en révélation, le diplomate russe a également souligné l’opposition de son pays à l’exploitation illégale des ressources naturelles du Congo à partir de l’Est.

«Il n’est pas normal, s’est-il écrié, qu’on achète les matières première congolaises à des prix dérisoires pour vendre aux Congolais des produits finis à des prix exorbitants», a-t-il dit.

C’est pourquoi la Russie, qui veut pour sa part, participer à l’extraction du niobium dans le Nord-Kivu, souhaite discuter avec les autorités congolaises pour créer un groupe de pression pouvant influer sur l’élaboration des prix de certains minerais (nickel, platine…) sur les marchés mondiaux, mais aussi pour la recherche et l’exploitation du pétrole et du gaz.

Car dans la stratégie de la Russie, devait-il indiquer, «il faut casser la tendance d’acheter les matières premières aux prix dérisoires».

LE GROUPE METROPOLE EN RDC

C’est dans ce contexte qu’un groupe de banques russes «Métropole» (3ème au plan mondial) a décidé, selon l’ambassadeur Anatoly Klimenko, de s’implanter en RDC, comme point de départ sur le continent africain, alors qu’il est déjà présent en Europe, au Japon, en Chine, en Serbie, France, Chypre, Canada, Venezuela et en Bolivie.

M. Valery Redkin, directeur général du projet «Métropole» (une banque minière) pour la RDC, qui assistait à cette conférence, a précisé que celui-ci vient d’obtenir le décret présidentiel pour son installation et débutera ses activités en avril prochain.

Ses principales activités consistent en l’établissement d’une banque avec un capital (100 millions Usd) à 100% russe, la création des infrastructures pour la réalisation des projets dans les secteurs minier et économique, convaincre les opérateurs économiques russes à investir en RDC, rechercher les gisements miniers, faire des études de faisabilité et proposer des projets réalisables etc.

AVEC L’AFRIQUE ET LE MONDE

Auparavant, l’ambassadeur Klimenko avait indiqué que la diplomatie russe est basée sur le respect du droit international dont le gouvernement se sert pour défendre ses citoyens.

A ce titre, la Russie participe au règlement des conflits à travers le monde au niveau de l’Onu.

Il a regretté que l’organisation mondiale ait été longtemps reléguée au second plan, surtout pendant la guerre froide bipolaire. Mais vu les récents progrès, a-t-il dit, la Russie est prête pour un bon fonctionnement de l’Onu et pour une coopération juste et équitable.

Quant à la coopération russo-africaine, l’ambassadeur Klimenko a reconnu qu’après la dislocation de l’Urss, la Russie avait rompu ses liens avec l’Afrique. Mais elle les a repris depuis 2000.

C’est ainsi que l’aide russe au développement, qui était de 50 millions en 2000, est passée à 150.000 en 2003 et pourra atteindre un milliard de dollars en 2010.

Parallèlement, la Russie a créé un Fonds spécial au développement pour l’Afrique et son représentant assiste chaque fois au sommet de l’Union africaine pour l’élaboration de différents projets de développement.