CINQ QUESTIONS
Cinq questions à Barack Obama
Par Le Potentiel
1. Qu’est-ce qui vous a amené à choisir le Ghana pour votre première visite en Afrique subsaharienne ?
Une des raisons est que le Ghana a organisé avec succès deux élections qui ont permis une alternance pacifique, même si ces élections ont été serrées. Je pense que le nouveau président, le président Mills, a montré son engagement à respecter l’état de droit, le genre d’engagements démocratiques qui assurent la stabilité d’un pays. Et je pense qu’il y a un lien direct entre la gouvernance et la prospérité. Les pays qui sont bien gouvernés, qui sont stables, où les dirigeants savent qu’ils sont comptables devant le peuple et que les institutions sont plus fortes que toute personne, sont sur la voie de faire des résultats pour leur peuple. C’est cela que nous voulons mettre en exergue.
2. J’imagine que vous aimeriez voir beaucoup plus de « Ghana » en Afrique et je présume que votre politique est d’encourager cela. Absolument !
3. Comment ?
Une partie de ma politique est de magnifier les modèles couronnés de succès. Ainsi, en nous rendant au Ghana, nous espérons valoriser l’efficacité de la gouvernance que le pays a mise en place. Nous ne nous attendons pas à ce que tous les pays fassent ce genre de transitions de la même manière et au même moment, mais nous voyons des progrès en terme de démocratie, de transparence, de respect de l’état de droit, de protection des droits de la propriété et de lutte contre la corruption. Nous voyons des progrès depuis plusieurs années bien que dans certains cas nous assistons à des reculs. Concernant le Kenya, le pays de mon père, je suis préoccupé par le fait que les partis politiques ne semblent pas aller dans le sens d’une réconciliation définitive qui aiderait le pays à avancer. Cependant, le Kenya ne fait pas figure d’exception en terme de crises pré-électorales ou post-électorales comme celles qu’il a vécues récemment. Nous voulons simplement faire en sorte que les gens ne pensent qu’il s’agit-là de notions abstraites que nous essayons d’imposer à l’Afrique. Il y a une conséquence très pratique et pragmatique sur l’instabilité et la corruption s’il arrive que les gens ne puissent pas nourrir leurs familles, éduquer leurs enfants et nous pensons que l’Afrique est à la fois un continent de promesses et de défis extraordinaires. Nous ne serons pas capables de tenir ces promesses sans une meilleure gouvernance.
4. Avez-vous des priorités en terme de pays ou de régions ? Par exemple, l’Afrique de l’Ouest est extrêmement importante concernant le pétrole et l’Afrique de l’Est reste une préoccupation stratégique pour les Etats-Unis ?
Je pense que le continent tout entier est important. N’oubliez pas que même si je vais visiter le Ghana au cours de ce premier voyage, j’ai déjà reçu (le Premier ministre) Tsvangirai du Zimbabwe dans le Bureau ovale. J’ai également reçu dans mon bureau (le président) Kikwete de la Tanzanie. Et chaque fois j’essaie de délivrer le même message. Vous avez vu le très bon travail que le gouvernement de la Tanzanie fait en se concentrant sur les services concrets qu’il rend à la population. Partout où les gens veulent se prendre en charge, nous voulons être là-bas comme partenaires. Je pense que nous avons en Afrique un leadership très fort qui est prêt à aller de l’avant et nous voulons être à ses côtés. Sur le front économique, cela signifie l’ouverture de meilleures opportunités commerciales…
5. Que conclure ?
Mais comme vous l’avez souligné, nous pensons que ce continent est important pour des raisons de stratégie, de sécurité nationale, économiques et d’environnement. Et à part la raison que nous avons évoquée, bien que cette fois-ci nous n’irons que dans un seul pays, je pense vraiment qu’il est raisonnable de lier le voyage au Ghana à celui que je vais effectuer auparavant pour le G8. Pendant le sommet du G8, en Italie, nous rencontrerons un certain nombre de représentants de pays africains, avant cela à une réunion en Russie, pour montrer que l’Afrique est directement intégrée dans l’approche globale de notre politique étrangère. Ce n’est pas un fait isolé que de se rendre en Afrique tous les six mois pour voir comment les choses évoluent, mais il faut plutôt une grande discussion permanente sur les moyens de relever ces défis internationaux. L’aide au développement sera sans doute un aspect important de votre politique africaine. Maintenant l’aide au développement est réduite, soit en ce qui concerne les Etats-Unis, soit de façon générale, dans ce sens que les pays ont des approches différentes. Maintenant, vous, plus que tout autre président, vous êtes associé à l’utilisation des nouvelles technologies, et je ne peux m’empêcher de penser que vous allez faire recours à la technologie pour apporter de la cohérence, si vous voulez comme pour savoir comment fonctionne l’aide ou où elle va, etc. Je pense que vous soulevez là un point très important et même simplement au sein du gouvernement américain, nos politiques d’aide ont été réparties entre plusieurs agences, différentes théories soutenues par différentes personnes en fonction des administrations qui ont été au pouvoir à un certain moment. Il sera très important d’essayer de créer quelque chose de solide et de ciblée en fondant nos politiques sur ce qui marche et non sur des positions idéologies passées.
TIREES DE ALLAFRICA.COM
Président des Etats-Unis d’Amérique.