ECONOMIE NATIONALE
Expérimenté par une firme brésilienne
Mines : le projet «Villages du millénium» présenté au gouvernement
Par BIENVENU MARIE BAKUMANYA
Une nouvelle approche dans le volet social des exploitations minières est proposée aux entreprises opérant dans le secteur en RDC. Le gouvernement était représenté à l’occasion, le lundi 25 janvier dernier au GHK par les ministres de l’Urbanisme et Habitat et celui en charge des Affaires foncières ainsi que les vice-ministres des Mines et celui du Développement rural.
L’idée des «Villages du millénium» était lancée par 187 chefs d’Etat. «Les villages du millenium» intègrent ainsi les Objectifs du millénaire tels que retenus par ces chefs d’Etat en vue de réduire la pauvreté dans le monde. Cette nouvelle approche trouve un écho dans le Code minier congolais qui réserve une place de choix aux secteurs sociaux et environnementaux.
Aussi, la firme brésilienne a-t-elle été invitée par le ministère des Mines pour la présentée aux opérateurs œuvrant en RDC dans les mines. Victor Kasongo a, d’entrée de jeu, expliqué les raisons qui l’ont poussé à organiser ladite présentation : «c’est un concept subtil. L’approche surprend dans les actions menées pour le développement des milieux ruraux».
La deuxième société minière la mieux cotée au monde expérimente déjà les villages du millénium au Brésil. Les similitudes existant entre ce pays et la RDC justifient le choix porté sur Vale. Cette société qui pèse 140 milliards de dollars américains est spécialisée dans l’exploitation du fer, du charbon, du cuivre, du nickel et de tant d’autres minerais. Dans les villages où sont situées les exploitations minières, l’expérience fait du chemin.
Pour l’année 2008, 900 millions de dollars américains étaient consacrés aux secteurs social et environnemental par la firme brésilienne «VALE», a déclaré Fabio Masoli, le directeur Exploration des régions Europe, Asie, Australie. «VALE» a construit des routes, des rails, des ports. Pour faire face aux besoins de sa consommation électrique, elle a érigé des barrages hydroélectriques, …
La société d’Etat brésilien créée en 1942 et privatisée en 1997 a accédé positivement à la demande ainsi formulée. Elle a invité le Dr Belayi qui maitrise le dossier des Villages du millénium pour éclairer la lanterne de la partie Congolaise. L’ancien ministre de l’Agriculture de l’Ethiopie, a fait un exposé magistral sur les Villages du millenium, particulièrement l’expérimentation du Mozambique.
PROJETS INTEGRES
La caractéristique essentielle des activités tenues dans ces villages du millénaire, à en croire le Dr Belayi est qu’elle intègre les huit objectifs du millénaire. Les États membres de l’ONU ont convenu, en septembre 2000, d’atteindre d’ici à 2015 pour réduire sensiblement la pauvreté dans le monde. Contenus dans ce qu’on appelle communément les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), ils sont au nombre de huit : réduire l’extrême pauvreté et la faim ; assurer l’éducation primaire pour tous ; promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes ; réduire la mortalité infantile ; améliorer la santé maternelle ; combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies ; assurer un environnement humain durable et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
Déjà, «VALE» est très avancé dans la mise en œuvre de ces villages du millénaire, là où la firme est opérationnelle. Etant un pays essentiellement agricole, «70% de la population est rural» a affirmé à l’occasion le vice-ministre au Développement rural, l’assistance s’était réjoui des résultats susceptibles d’être engrangés par la RDC dans le cas d’une prise en charge effective des villages du millénaire. Il s’agit notamment de l’amélioration du rendement par hectare cultivé.
La demande formulée par le vice-ministre des Mines serait de voir «VALE» s’investir dans deux ou trois villages du millénium en RDC, sans subordonner le projet aux discussions en cours. Le choix sera porté sur des villages vivant dans une misère totale. Au final, l’auto-prise en charge des villageois grâce à leur production et la vente du surplus permettraient de mettre en branle des banques ambulantes pour l’octroi des microcrédits. La recette a porté ailleurs, pourquoi ne pas la tenter en RDC ?