LA UNE
Publication de son Rapport d’activité pour l’exercice 2005
La lutte contre la pauvreté, cheval de bataille de Bceco
Par Le Potentiel
Pas de doute possible. Le Bureau central de coordination (Bceco) est un modèle de bonne gouvernance, de transparence et de rigueur dans la gestion. Depuis qu’elle a été mise en place, cette agence d’exécution des projets financés par les bailleurs de fonds ne cesse de donner la preuve qu’elle est un véritable cas d’école en matière de gestion. Le Bceco a tellement fait montre de professionnalisme dans la gestion de passation des marchés que tout le monde est unanime sur les performances qu’il comptabilise au fur et à mesure de l’exécution de sa mission et que la population congolaise, surtout de l’intérieur, ne cache pas sa satisfaction sur ses réalisations. Il est tout à fait normal que, dans ces conditions, le Bceco ait aligné pour l’exercice 2005, à l’instar des précédents, un bilan d’activités globalement positif aussi bien dans l’utilisation des ressources qui lui sont confiées que dans l’exécution physique des projets. Lesquels embrassent entre autres le secteur de l’éducation avec la réhabilitation et la reconstruction des écoles ; celui de la santé avec la réhabilitation ou la construction des zones de santé ; l’agriculture ainsi que les routes de desserte agricole.
La publication du rapport annuel de Bceco pour l’exercice fiscal 2005 a donné l’occasion à son Directeur général, M. Matata Ponyo, de réaffirmer à quel point cette structure technique du gouvernement congolais est arrimée à la bonne gouvernance et de faire ressortir encore davantage son rôle, extrêmement important, d’agence d’exécution des projets qu’il remplit à la grande satisfaction de tous. « En publiant notre rapport, a-t-il affirmé lors de son entrevue avec le Potentiel, nous permettons à tout le monde, le gouvernement, la population ainsi que les bailleurs de fonds, de vérifier l’utilisation des ressources mises à la disposition du Bceco par rapport aux objectifs qui lui ont été assignés ». Il est ainsi aisé, a-t-il ajouté, de voir si l’exécution physique des projets a été assurée et si la gestion financière a été menée de manière correcte », parce que, a-t-il insisté, il s’agit des ressources publiques.
Que ce soit pour l’encours des engagements de Bceco ou pour la passation des marchés, il est important de savoir que les chiffres sont significatifs. S’agissant par exemple de l’exécution physique des projets, les réalisations sont nombreuses. « Le nombre d’écoles primaires et secondaires réhabilitées et reconstruites est de 78 », a indiqué le Directeur général Matata Ponyo. Bceco a distribué plus de 9,534 tonnes de semences améliorées ; au total 1148 kms de routes de desserte agricole ont été réhabilitées au cours de l’année passée. 129 zones de santé ont été elles aussi réhabilitées ou construites tandis que 4.247 personnes vulnérables ont été assistées au terme de l’exercice fiscal 2005. Cette énumération du reste limitative est loin d’indiquer l’ampleur des réalisations physiques du Bceco en 2005.
Dans tous les cas, la volonté du Directeur général Matata Ponyo est de voir le Bceco jouer son rôle, celui de lutter contre la pauvreté dans une gestion transparente ». Et pour mieux accomplir cette mission, il estime que le Bceco a besoin « à la fois de l’appui et des bailleurs de fonds et du gouvernement ». Ci-dessous l’interview que le Directeur général de Bceco a accordée au Potentiel.
On réalise que le Bceco est parmi les rares agences d’exécution des projets financés par les bailleurs de fonds qui publient les rapports annuels dans les deux mois après l’exercice fiscal qui se clôture à fin décembre. Quelle importance accordez-vous à cette publication ?
La publication d’un rapport annuel répond à un double objectif à mon avis. Premièrement, le rapport permet une revue globale et systématique de nos activités au cours de l’année qui vient de s’achever. Ceci facilite l’inventaire à la fois de nos faiblesses et de nos forces pour pouvoir corriger les erreurs du passé et consolider les performances acquises. Ceci est très important, car le drame de toute organisation est de répéter les erreurs et de ne pas maximiser ses performances. Deuxièmement, la rédaction d’un rapport de ce genre permet de scruter l’avenir avec visibilité et assurance. Une meilleure connaissance du travail facilite la programmation des activités et l’anticipation ainsi que la résolution des problèmes.
Quel rapport établissez-vous entre la publication d’un rapport annuel et la bonne gouvernance ?
La relation entre les deux est simple et évidente. En publiant notre rapport, nous permettons à tout le monde, le gouvernement, la population ainsi que les bailleurs de fonds, de vérifier l’utilisation des ressources mises à la disposition du BcecoO par rapport aux objectifs qui lui ont été assignés. Ainsi, il est aisé de voir si l’exécution physique des projets a été assurée et si la gestion financière a été menée de manière correcte, parce qu’ il s’agit des ressources publiques. A ce sujet, j’ai le plaisir de vous réaffirmer que les comptes du Bceco ont été audités et certifiés sans aucune réserve par des cabinets internationaux et nationaux. Le résumé de tous ces comptes est repris dans ce rapport annuel. Les rapports d’audits externes détaillés sont disponibles sur le site web et peuvent être consultés au Bceco. C’est cela aussi la transparence.
M. le Directeur, revenons au rapport annuel lui-même. Quel est en deux mots le bilan des activités en 2005 ?
Il est certes difficile d’établir en deux mots le bilan de l’ensemble de nos activités, vu leur nombre et le volume des financements y afférents. Je vais m’y efforcer. De prime abord, je dois vous dire que le bilan de nos activités en 2005 est globalement positif. En termes financiers, l’encours de nos engagements s’est hissé à 340,5 millions USD à fin décembre 2005 contre 263,1 millions à fin 2004, soit un accroissement d’environ 30%. Les décaissements cumulés sont passés de 215,1 millions de USD à fin décembre 2004 à 293,4 millions à fin décembre 2005, enregistrant ainsi une augmentation de 36%. En termes de passation des marchés, les chiffres sont aussi significatifs. Le flux annuel des marchés adjugés est passé de 83,3 millions de USD en 2003 à 99,2 millions en 2004 et 103,8 millions en 2005. Par rapport au nombre des marchés, il se dégage un accroissement significatif de la valeur moyenne par marché attribué qui est passé de 218 mille USD en 2003 à 525 mille dollars en 2004 et 747 mille USD en 2005.
S’agissant de l’exécution physique des projets, les réalisations sont nombreuses, mais on en citera quelques-unes : Au niveau de l’éducation, le nombre d’écoles primaires et secondaires réhabilitées et reconstruites est de 78. En agriculture, nous avons distribué plus de 9,534 tonnes de semences améliorées et 21.196 kms de boutures de manioc. Au total, 1148 kms de routes de desserte agricole ont été réhabilitées au cours de l’année. Au niveau de la santé, 129 zones de santé ont été réhabilitées ou construites et enfin 4.247 personnes vulnérables ont été assistées au terme de cet exercice fiscal. Cette énumération du reste très limitative est loin d’indiquer l’ampleur des réalisations physiques du Bceco en 2005. De toute façon, je vous remettrai un tableau qui reprend l’ensemble des données agrégées de nos réalisations.
A vous entendre parler, c’est comme si tout est beau alors qu’il y a aussi des ratés, tels les travaux inachevés, l’avenue de l’Université et les écoles pour ne citer que cela.
Vous avez parfaitement raison, Il y a certainement des insuffisances dans ce que nous faisons. Nous ne pouvons le nier ni le cacher. Toutefois, ces insuffisances restent globalement mineures par rapport à nos performances.
Bien plus, ce qui est positif, et c’est le plus important, est que nous faisons un maximum d’efforts pour corriger nos erreurs ou arrêter certains dérapages. Le cas de l’avenue de l’Université que vous avez cité peut nous servir d’exemple. Pour votre information, le Bceco a arrêté le contrat qui le liait à l’entreprise qui exécutait les travaux sur cette importante avenue. Nous avons fait la même chose pour les écoles. Les entreprises qui n’ont pas pu respecter leurs engagements ont dû voir les activités mises en régie. Il y a eu même des réattributions de marchés pour des entreprises jugées incapables de terminer les travaux. .
M. le Directeur général, est-ce facile de prendre ce type de décision ?
Ce n’est certes pas facile, mais il faut le faire. C’est le prix à payer pour la promotion de la bonne gestion et de la reconstruction du pays.
Par rapport aux manquements des entreprises congolaises qui ne savent pas exécuter les travaux, quel enseignement peut-on tirer sur l’entrepreunariat congolais ?
Mes appréciations risquent d’être jugées excessives, mais je vais tout de même les donner. Les entreprises de construction congolaises, celles appartenant aux nationaux et dirigées par ces derniers, ont encore beaucoup à apprendre sur la gestion.
La plupart de ces entreprises pensent que l’on fait le maximum de bénéfices avec un seul marché. Elles oublient que l’enrichissement est un processus cumulatif et de longue haleine. Ces entreprises ne savent pas non plus qu’il faut une gestion financière et technique orthodoxe pour résister aux menaces permanentes de la faillite. Elles oublient aussi que pour gagner un marché, il faut présenter une offre la moins disante - c’est-à-dire - la plus compétitive, au lieu de chercher des interventions de tout bord. Rappelons-nous que les plus grandes entreprises qu’on connaît aujourd’hui à travers le monde, sont parfois l’œuvre d’un individu ou des individus qui ont cru à ce qu’ils voulaient faire et qui ont inscrit leurs aventures d’affaires dans le moyen et long terme avec comme principe de bonne base la gestion rigoureuse des finances et des travaux.
Vous avez parlé lors de la présentation de ce rapport d’une restructuration du Bceco, ce n’est plus une structure temporaire ?
La restructuration du Bceco a été voulue par le gouvernement qui apprécie le professionnalisme de cette structure. Cette volonté a été clairement exprimée par le ministre des Finances précédent à l’endroit de la Banque mondiale. Cette dernière a accepté d’accompagner le Bceco dans cette voie de mutation.
Mon point de vue personnel est que cette restructuration est à la fois profitable au pays et aux bailleurs de fonds. Au jour d’aujourd’hui, le Bceco a accumulé une forte expérience dans la gestion de passation des projets, qu’il ne serait pas recommandable de le dissoudre sans avoir pensé à une solution de rechange crédible et durable. Au lieu de dépenser des centaines de milliers de dollars à recruter les experts internationaux, pourquoi ne pas garder le Bceco qui regorge des expertises nationales de qualité. Il faut les utiliser au lieu de les laisser s’exporter auprès des entreprises ou des pays où ils seront rémunérés à la hauteur de leur expertise. A mon avis, la décision du gouvernement de faire du Bceco une structure spécialisée dans certains domaines précis, me paraît judicieuse et rationnelle. Mais il faut que cette structure soit souple et financièrement viable. C’est l’un des objectifs de cette restructuration.
Mais, il y a une opinion qui pense que le Bceco est au bord de ses capacités de gestion au regard du nombre de projets et de financements qu’il gère ?
Loin de prêcher pour ma propre chapelle, laissez-moi vous dire qu’une telle opinion est loin d’être professionnelle et je ne peux malheureusement y faire foi. Par contre, mon jugement est fondé sur le réel ou des appréciations des professionnels. Comme vous le savez, chaque projet que nous exécutons est suivi, non seulement par le Chef de Projet au niveau de la Banque mondiale ou de la Bad, mais aussi par les membres du gouvernement et la population. D’une manière générale, à quelque exception près, tous les chargés de projets, sont unanimes sur les performances du Bceco. Le gouvernement aussi. Et ceci est établi lors des missions de supervision réalisées par les Chefs de projet. Par ailleurs, on fait le point lors des revues à mi-parcours. Là aussi les rapports établis font état des résultats positifs. La population congolaise, surtout celle de l’intérieur, ne cache pas sa satisfaction sur les réalisations du Bceco.
Autre chose que vous devez savoir est que tous les projets que le Bceco exécute n’ont pas la même date de mise en vigueur ou de clôture. De ce fait, il y a des projets qui se terminent chaque année et qui libèrent des compétences internes qui peuvent prendre en charge les nouveaux projets. En 2005, nous avons assisté à la fin de deux activités. Le projet IDA H 005 et le projet 4 X 600 du PUAACV.
En 2006, des projets comme le Trust Fund de la Banque mondiale, le Trust Fund de l’Union Européenne, l’Appui Budgétaire I et II, le PARER, le PAIM et le financement de la Coopération française arrivent à terme. Ainsi, des nouveaux projets qui arrivent au Bceco peuvent être pris en charge par un personnel compétent rompu dans la gestion des projets, de passation des marchés et de gestion financière.
Si vous avez bien compris, il y a une certaine rotation des activités qui n’est pas compatible avec le jugement porté par l’opinion que vous avez évoquée. Au Bceco, nous restons très ouverts à toute étude objective et transparente qui serait menée par des professionnels pour apprécier les performances de toutes les agences et indiquer celles qui sont au bout de leurs capacités de gestion. Je peux vous le dire, le Bceco ne sera pas sur cette liste.
M. le Directeur général, à côté de cette opinion qui met en exergue vos limites, il y a d’autres personnes qui pensent que le Bceco possède une expérience avérée capable de rivaliser avec certains internationaux, est-ce vrai ?
Le gouvernement doit être fier de posséder au sein de Bceco des experts nationaux compétents dans certains domaines clé et complexes comme la préparation des projets, la gestion financière et la passation des marchés. Ce qui permet au gouvernement de posséder des interlocuteurs valables des bailleurs de fonds dans les montages des projets. Ceci est très important pour préserver le caractère intraverti des programmes capables de répondre aux préoccupations de la population locale. Pour votre information, depuis bientôt trois ans, sur demande du gouvernement, le Bceco participe à toutes les négociations des programmes avec la Banque mondiale et la Bad y compris ceux qui ne sont pas exécutés au Bceco. Dans toutes les négociations, le Bceco a toujours mis à l’avant plan les intérêts nationaux.
On sait que le Bceco a été créé notamment pour garantir la transparence et la bonne gouvernance. Pensez-vous que cette mission est accomplie ?
Tout est fait pour accomplir cet objectif. Nous sommes l’une des agences qui disposent d’un arsenal d’outils complets capables de lutter contre la corruption et de garantir la bonne gestion. En interne, nous avons un service d’audit qui fonctionne. Un service de contrôle interne et vérification s’assure de la pertinence de la dépense ; le logiciel Tompro garantit une comptabilité professionnelle, un code d’éthique et de bonne conduite s’impose à tous les agents oeuvrant au Bceco, une division de passation de marchés indépendante dans l’analyse des offres ; un comité de discipline très strict, un audit externe rigoureux, des missions d’évaluation régulière des Chefs de Projets et autres bailleurs. Toutes ces dispositions permettent d’exclure tous ceux qui ne marchent pas dans la logique de la bonne gouvernance. En 2005, trois agents ont fait les frais et ont quitté le Bceco.
Dernier mot ?
Ma volonté est de voir le Bceco jouer son rôle, celui de lutter contre la pauvreté dans une gestion transparente. Et pour mieux accomplir cette mission, nous avons besoin à la fois de l’appui et des bailleurs de fonds et du gouvernement. Enfin, je félicite aussi le personnel du Bceco qui se sacrifie pour travailler au-dèla des heures requises dans le but d’accomplir les objectifs nous assignés.
Je remercie aussi ceux qui ont critiqué négativement et qui ont suscité en nous la volonté de nous améliorer en permanence.