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Edition 3677 du Jeudi 16 Mars 2006

SOCIéTé

Bapuwa Muamba, ancien journaliste de Jeune Afrique Economie, victime d’un vol à main armée à Matete

Par  Le Potentiel

Cinq personnes en tenue civile, armées chacune d’un FA, un fusil kalashnikov s’amènent chez moi au n° 31/C Q. Malandi/Matete, le 08 mars à 2 h 49’ du matin. Deux personnes restent sur la rue, devant ma parcelle, derrière une Mercedes 208 D en stationnement, où dormait un neveu. Trois criminels entrent dans la parcelle et se dirigent tout droit vers la véranda, sous laquelle dormaient deux neveux d’une vingtaine d’années, pour se protéger contre la chaleur de ces jours. La porte de la maison était fermée à clé du dehors.

Un criminel menace de tirer sur l’un des neveux, qui dormait. Son cousin, Kazadi Bapuwa, réveillé de son sommeil par cette menace, demande pourquoi il veut le tuer. Les trois criminels saisissent les deux neveux, déchirent leurs vêtements et s’en servent pour leur ligoter les pieds, les genoux et les coudes. Puis ils demandent où se trouve le patron de la maison. Les jeunes gens répondent que leur papa (entendez oncle paternel) est sorti. Et la clé, demandent-t-ils ? Je ne sais pas, répond Kazadi Bapuwa. Une fouille systématique est organisée en vain.

Un criminel casse la porte de la maison avec un puissant coup de botte L’un des neveux Tshimanga reçoit un coup de crosse à la joue droite et s’écroule par terre. Il reste au salon ligoté, sous la surveillance d’un criminel armé. Deux autres criminels armés escortent Kazadi Bapuwa jusqu’au fond du couloir où se trouve ma chambre à coucher.

J’entends quelqu’un frapper à la porte. J’ouvre la porte et vois soudain, comme dans un rêve mon neveu Kazadi entouré de deux criminels. A sa droite, je vois un bout de fusil sur son cou. A sa gauche, un criminel pointe son fusil sur moi. Ils opèrent tous à visage découvert.

Je crie très fort : qu’est- ce qu’il y a ? Puis, je ferme soudain la porte et crie très fort : Au secours ! Au secours ! qu’est-ce qui m’arrive ? Mon Dieu ! Mon Dieu ! Et la porte s’ouvre de nouveau sous la pression du bout de fusil du criminel. Et je demande au criminel : que voulez-vous? En ce moment l’autre criminel entraîne Kazadi au salon où il le laisse couché et ligoté et revient. Le criminel m’oblige de sortir de ma chambre et de m’asseoir à ses pieds, à sa droite, le fusil pointé sur moi. Puis il entre avec moi dans ma chambre. Je demande encore à mon bourreau: qu’est-ce que vous voulez ? De l’argent, répond-il ? Si c’est de l’argent que vous cherchez, je n’ai pas plusieurs cachettes, lui dis-je, je sors une enveloppe contenant 850 dollars et lui dis : voilà sept cent dollars, c’est tout ce que j’ai. Il prend l’enveloppe et la remet à son ami derrière lui et exige l’argent en Francs congolais.

Je n’ai pas d’argent en francs congolais, lui dis-je. Si vous doutez je vous aide à tout fouiller ici pour vous assurer que je dis la vérité. Il prend alors ma montre bracelet, deux téléphones portables (Nec et Nokia), un ordinateur portable de couleur grise, une radio cassette et une radio Nakiva. Il m’oblige ensuite d’aller avec lui au salon pour me redemander le mot de passe de l’ordinateur qu’il essaie de brancher sur le courant. Puis, il m’ordonne de revenir dans la chambre à couche. Les trois criminels se retirent, laissant les deux neveux ligotés au salon.

Après quelques minutes, je vais au salon où je trouve les deux neveux, ligotés, couchés et silencieux. Je me mets à délier leurs cordes faites en tissu de leurs vêtements déchirés par les criminels. Je m’inquiète pour le troisième neveu que je ne vois pas. Nous le trouverons dans la Mercedes où il dormait paisiblement. Il n’a rien vu ni entendu de tout ce qui s’est passé la nuit. Elles sont nombreuses les victimes du vol à mains armées dont les cas n’ont jamais été élucidés. Ce qui ne m’a pas empêché de déposer une plainte auprès des services appropriés.

A Matete, la police ne peut rien contre les criminels. Et cela pour plusieurs raisons :pas assez d’effectifs, pas de moyens de communication ni de transport. Les policiers se plaignent en outre du laxisme des tribunaux vis-à-vis des criminels, souvent relâchés pour on ne sait quelle raison.

M.B (CP)