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Edition 3943 du Mercredi 07 Fevrier 2007

ECONOMIE NATIONALE

Sous le regard impuissant de la RVF

Kinshasa : un cimetière de mitrailles jonche les abords du fleuve Congo

Par Faustin Kuediasala

Mise dans l’incapacité d’opérer, la Régie des voies fluviales a dû faire recourir dernièrement à la société congolaise (Congop/Brazzaville) pour entamer les travaux de balisage du chenal de Kingabwa. Selon le calendrier négocié entre les deux parties grâce notamment à l’intervention du Fonds de promotion de l’industrie et la Commission internationale du bassin Congo-Oubangui – Sangha, ces travaux devaient se terminer vers fin 2007. De l’avis de la RVF, ces travaux devaient permettre d’aménager les voies fluviales du chenal de Kingabwa afin de faciliter notamment l’accostage des bateaux et autres embarcations desservant le fleuve Congo et ses affluents.

Jonché de nombreux bateaux et barges coulés accidentellement, le lit du fleuve Congo est devenu au fil du temps, un véritable cimetière d’embarcations de toute calibre. Pour la sécurité de la navigation fluviale, il faut assainir le lit du fleuve, afin de le débarrasser de ces amas de ferraille bons pour la mitraille.

Tous les abords du fleuve Congo dans la partie kinoise du pool Malebo, du port de Maluku au port public de Kinshasa, en passant par les nombreux petits ports, le beach Ngobila et enfin le port Sicotra, on peut compter une dizaine de bateaux et de barges coulés accidentellement.

Il y a des barges qui ont sombré au fond des eaux avec des lingots de cuivre en provenance du Kipushi, via Ilebo. D’autres barges surchargées de marchandises, ballottées par les vents violents.

De fortes tempêtes, ont également coulé. Il en est de même de nombreuses embarcations, tels que les hors-bord, les yachts et même certains bateaux privés et des baleinières qui figurent sur le registre des accidents du commissaire fluvial et celui de la Commission nationale des sinistres sur le fleuve.

NAVIGATION ERILLEUSE

C’est un vrai cimetière d’engins flottants qui bordent la partie kinoise du fleuve Congo. Personne ne s’en préoccupe. Mais, c’est un danger permanent qui exige dextérité et prudence aux commandants de bateaux et autres barges utilisant le fleuve Congo pour éviter une éventuelle catastrophe.

La charge revient à la Régie des voies fluviales, entreprise publique dotée de la mission d’effectuer le balisage et la dragage du fleuve Congo. Depuis quelque temps, la RVF n’est plus que l’ombre d’elle-même. Jadis fleuron de transport fluvial congolais, la RVF doit aujourd’hui tourner son regard vers Brazzaville pour entreprendre des travaux de routine de dragage du chenal de Kingabwa.

Cependant, malgré les belles promesses de la RVF, renchéries de la détermination du ministère des Transports et Communications, une enquête réalisée à Kinshasa renseignent que plus de 100 mille tonnes de mitrailles composées essentiellement de vieux bateaux, baleinières et autres engins noués, traîneraient dans le fleuve Congo.

La révélation est de l’administrateur directeur technique de la RVF, qui a évoqué la situation lors d’une randonnée organisée sur le fleuve Congo à l’intention d’une délégation mixte comprenant des journalistes de la section provinciale de l’Union nationale de la presse du Congo pour la ville de Kinshasa et des membres de la commission internationale du bassin Congo - Oubangui- Sangha (CICOS). L’administrateur directeur technique de la RVF a reconnu l’ampleur du désastre que cause l’accumulation de ces vieux engins flottants sur les abords du fleuve Congo. Son entreprise, a-t-il dit, est bien consciente de ce problème mais reste limitée dans ses moyens d’intervention en raison de la situation de crise généralisée que traverse cette entreprise publique, presqu’au bord de la faillite.

Se contentant de ses moyens de bord et de l’appui dont elle bénéficie de ses divers partenaires, il a rappelé les efforts qu’ont menés les membres du comité de gestion, en ouvrant le chenal d’entrée du Pool Malebo de Kingabwa, permettent actuellement aux bateaux et baleinières d’atteindre directement le port central de Kinshasa au lieu de faire un long contour de 10 km pour accéder à ce lieu portuaire. 25.000 m3 (vingt-cinq mille m3) de sable y ont été enlevés pour faciliter le passage des engins navigables, a précisé l’administrateur directeur technique la RVF, travaux rendus possible grâce à une drague louée depuis Brazzaville que les travaux ont dû être effectués et remettre le fleuve en état de navigation après 30 ans d’inaccessibilité.

La RVF dont la mission principale est le balisage et la sécurisation des voies navigables congolaises n’a plus que trois baliseurs sur les 29 qu’elle possédait dont un a été réquisitionné par l’armée.