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Edition 3997 du Vendredi 13 Avril 2007

POLITIQUE NATIONALE

Mixage, brassage, insécurité généralisée à l’Est du pays : la question orale se poursuit à huis clos

Par Willy Kabwe

Les questions orales et d’actualité adressées au ministre de la Défense nationale, Tchikez Diemu, par des députés ont été tellement sensibles, dans leurs aspects sécuritaires et diplomatiques qu’il a été requis un huis clos pour les aborder de manière sereine, directe et franche avec les principaux acteurs intéressés. Car, aussi bien pour le député N’Singa Udjuu, qui a fait la proposition, que pour le ministre de la Défense, il y irait de la préservation du secret de la Défense nationale.

Le ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Tchikez Diemu, a procédé hier jeudi 12 avril, au Palais du peuple, à fournir des réponses à des questions orales et d’actualité posées par des députés. L’exercice n’a pas été facile compte tenu de l’ampleur des préoccupations soulevées par ces derniers. Les élus du peuple ont voulu en savoir plus sur la problématique du mixage des FARDC dans le Nord-Kivu et ses conséquences ; l’insécurité croissante à Walungu et Sud-Kivu en général ; les événements tragiques survenus à Kinshasa les jeudi 22 et vendredi 23 mars 2007 ; l’insécurité persistante à Fizi et ses environs.

Concernant le mixage dont les députés ne savaient pas en saisir les contours, le ministre de la Défense a fait savoir qu’il s’est agi d’un processus de regroupement des troupes incontrôlées avec des éléments non encore brassés des FARDC. Il a affirmé que cela rentrait dans le cadre de la consolidation du cessez-le-feu au terme de l’arrêt des combats mais également de la reprise du contrôle des éléments insurgés par la hiérarchie des FARDC. Il a ajouté que c’est en vertu du dialogue dans un Congo démocratisé que le mixage avait été mené et que cela procédait du caractère singulier que revêtaient des éléments d’une même armée.

Pour Tchikez Diemu, les éléments mixés, ceux du général Laurent Nkunda Batware, étaient sous contrôle des FARDC et qu’il s’ensuivra impérativement un brassage et un recyclage. Car, affirme-t-il, le brassage reste le passage obligé pour l’entrée dans la nouvelle armée réformée. Cette explication n’a pas rencontré l’approbation des députés.

Ceux-ci sont restés sur leur soif concernant le statut actuel de Nkunda Batware, la présence des FDLR qui se sont érigés en autorités politico administratives, la non prise en charge des personnes victimes d’exactions des éléments en uniforme, les contours du mixage, notamment sa négociation et son financement.

De même, les députés n’ont pas décrypté cette autre affirmation faite par le ministre de la Défense, selon laquelle « dans tous les cas de figure, il est plus une question de sécuriser les uns et de rassurer les autres dans une approche d’acceptation réciproque ».

La persistance du flou dans les explications a poussé le député N’Singa Udjuu a proposé un huis clos au cours duquel toutes les informations sensibles seraient échangées et traitées de manière, directe, franche et dépassionnée. Secret de la défense oblige ! La proposition a été approuvée par la majorité de la plénière.

Selon le ministre de la Défense, la responsabilité de cette situation reviendrait aux politiciens lesquels tireraient les dividendes égoïstes de positionnement. Il a plaidé pour une stratégie préventive de descente sur le terrain pour sécuriser les uns et rassurer les autres dans une approche pacifique de proximité. Tchikez Diemu a conclu son intervention en insistant sur l’impérieuse nécessité de parachever le processus DDR et Intégration qui a une incidence sur la stabilité et la paix, socle du développement du pays. Et cela passe par l’octroi, dans le cadre du budget 2007, de moyens conséquents à l’Armée.