POLITIQUE NATIONALE
Clôture jeudi de la session extraordinaire du Sénat
Par Stephane Etinga
La Chambre haute du Parlement congolais est en vacances depuis le jeudi, 19 juillet 2007. Sa session extraordinaire, convoquée depuis le mois de juin dernier, a été clôturée en cette date à l’issue de la séance plénière dirigée par Léon Kengo wa Dondo, son président. Celui-ci a rappelé le travail abattu par les sénateurs durant cette période, notamment l’examen et l’adoption de la loi portant budget de l’Etat de l’exercice 2007, et celle portant statut de l’Opposition constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Il n’a pas oublié de rappeler les contacts que le bureau du Sénat avait eus avec différentes délégations étrangères dans le cadre du renforcement de la coopération avec les pays amis, surtout la séance de travail tenue avec les membres du Conseil de sécurité de l’ONU venus s’informer de la situation sécuritaire dans la partie Est de notre pays.Le président du Sénat a rappelé aussi le fait que les sénateurs ont travaillé sans répit depuis l’installation de la Chambre haute au mois de février 2007, et que leurs vacances méritées leur permettront de rencontrer leurs bases et leurs familles.
Parmi les points qui feront l’objet de l’ordre du jour de la prochaine session ordinaire conformément à la loi, Kengo wa Dondo a cité entre autres, la mise sur pied de la commission parlementaire mixte Assemblée nationale/Sénat. Il en est de même du Règlement intérieur du Parlement, de son examen et de son adoption.
Les autres réalisations à l’actif du Sénat pendant cette session qui vient de s’achever et qui avaient retenu l’attention du président du Sénat sont, l’invitation du ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité, Denis Kalume, ainsi que celui de la Défense Diemu Chikez lesquels ont fourni aux sénateurs toutes les informations utiles sur les foyers de tension et la situation d’insécurité permanente qui prévaut dans les provinces de l’Est de la RDC à savoir, le Nord, le Sud-Kivu, le Maniema et la province Orientale.
Auparavant, les sénateurs avaient débattu de la mise sur pied de la commission sénatoriale qui doit se rendre bientôt dans le Nord et le Sud-Kivu. Elle sera composée de huit sénateurs et de quatre membres de l’administration du Sénat.
Le but de cette mission composée en majorité de sénateurs originaires de ces deux provinces troubles consiste à recueillir toutes les informations nécessaires sur les causes de l’insécurité, leurs auteurs, ainsi que les propositions venant de la base pour y mettre fin. Les sénateurs ont ainsi adopté le rapport qui a été présenté à cet effet par leur commission.
LES REACTIONS DES SENATEURS
Approchés par la presse à l’issue de cette session, les sénateurs Henri-Thomas Lokondo et P.A. Sessanga ont livré leurs impressions sur la session extraordinaire du Sénat. Pour H.T. Lokondo, ses impressions sont celles d’un travail bien fait pendant la période de six mois passés au Palais du peuple. « Ce qui m’a marqué c’est naturellement l’adoption du budget qui est un instrument important pour la gestion socio-économique du pays. Il y a également la loi sur le statut de l’Opposition politique. C’est une loi importante pour la visibilité de l’Opposition qui est institutionnelle et qui est devenue une exigence sur le plan démocratique pour la consolidation de la démocratie à travers le monde ». L’orateur s’est déclaré solidaire avec la commission mise en place pour s’enquérir de la situation sécuritaire dans le Nord et le Sud-Kivu, tout en exprimant sa tristesse pour l’insécurité qui règne dans cette partie de la RDC. A propos des députés concernés par l’invalidation à la suite de l’arrêt de la Cour suprême de justice, le sénateur Lokondo a déclaré qu’il était tout à fait normal qu’on puisse respecter strictement la Constitution et les arrêts de la Cour suprême.
Quant au sénateur Sesanga, il s’est déclaré très satisfait « Nous avons réalisé beaucoup de choses. Il y a une loi très importante que nous avons examinée et adoptée, c’est la loi portant statut de l’Opposition qui, dans un système démocratique est une condition essentielle et indispensable au fonctionnement de la démocratie et son existence. Et c’est la première fois que notre pays est dotée d’une telle loi qui garantit les libertés tout le monde et l’équilibre de droit entre l’Opposition et ceux qui gouvernent ». Le sénateur aussi a épinglé l’examen et l’adoption du budget 2007 soulignant que la session extraordinaire était fructueuse. A propos de l’invalidation de quelques députés suite à l’arrêt de la Cour suprême M. Sesanga a déclaré : «l’Assemblée nationale a évité le pire, parce que si s’était le contraire ce serait un chaos ».