ECONOMIE NATIONALE
Comme dans le rapport du Panel d’août 2007
Les organisations des peuples autochtones fustigent la politique forestière de la Banque mondiale
Par Le Potentiel
Les organisations des autochtones pygmées et accompagnants les autochtones pygmées (OSAPY), membres de la Société civile s’occupant de l’environnement, viennent de monter au créneau. Ce, pour fustiger la politique forestière de la Banque mondiale. C’était au cours d’un point de presse organisé, hier vendredi 12 octobre au centre catholique Lassalien à Kinshasa, par le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (Cenadep).
Les OSAPY, considérées comme les requérants, avaient sollicité au Panel d’inspection de la Banque mondiale l’enquête sur les deux projets initiés dans le secteur de la forêt. Ces projets sont le Puspres (Projet d’urgence de soutien à la réunification économique et sociale) et le Tsero (Opération de crédit d’appui transitoire au redressement économique). Le rapport de cette enquête a été publié depuis fin août 2007, et démontre l’échec de la politique forestière de la Banque mondiale.
Le point de presse a été animé par plusieurs membres de cette organisation, notamment l’Abbé Wille Loyombo et Roger Muchuba, responsable d’une autre structure Héritiers de la justice de Bukavu, membre de l’OSAPY. Le rapport du Panel donne effectivement raison aux requérants. Il a été relevé des constats majeurs qui ont conduit à l’échec de la politique forestière de la Banque mondiale en RDC. Dans leur communiqué de presse, comme dans le rapport du Panel, les requérants ont cité, entre autres constats majeurs, la focalisation de la politique de la Banque mondaile sur l’exploitation industrielle du bois.
L’ECHEC DE LA POLITIQUE FORESTIERE DE LA BANQUE
A ce sujet, la Banque mondiale a incité le gouvernement congolais à privilégier et à se focaliser sur l’industrie du bois au lieu de privilégier les utilisations durables des forêts, en lui présentant des estimations erronées et irréalisables des revenus censés découler d’un accroissement de cette exploitation industrielle, ont indiqué ces requérants. Un autre constat, la non-prise en compte du contexte post-conflit.
Pour les membres de cette organisation, le strict minimum attendu de la BM dans ce contexte aurait été de prendre une approche holistique et extrêmement prudente pour assurer une conformité avec ses politiques internes dans des domaines comme l’évaluation environnementale, les peuples autochtones et la supervision. Les requérants ont souligné aussi la non-conformité de la BM dans ses politiques internes et de l’oubli des peuples autochtones.
Sur ce dernier point, les requérants ont souligné que, l’absence d’un plan de développement des peuples autochtones semble avoir été un facteur majeur ayant contribué à l’émergence des problèmes dans les efforts en vue d’amorcer le plan de zonage forestier pilote et aujourd’hui dans la mise en œuvre du processus de conversion d’anciens titres forestiers.
Aussi, la BM a-t-elle été accusée d’avoir sous-estimé, voire occulté, les impacts sociaux et environnementaux impliqués sous les projets Puspres et Tsero. Elle a, en outre, induit son conseil d’administration en erreur en lui présentant, lors de l’approbation ou de l’évaluation de ses opérations dans le cadre des réformes forestières en RDC, des informations tronquées ou incorrectes. Sans oublier que dans cette politique de la BM, les droits à la terre et aux ressources n’ont pas été tenus en compte et le gouvernement congolais a été mal conseillé.
Dans ce dossier, les requérants ne se sont pas contentés de fustiger la politique forestière de la BM en RDC, ils ont aussi formulé quelques recommandations à l’endroit de cette institution financière de Bretton Woods et du gouvernement congolais. Ces recommandations sont notamment la réalisation immédiate d’une évaluation environnementale de catégorie A portant sur la composante 2 du Puspres et du Tsero. La BM doit aussi procéder à l’annulation des titres attribués, échangés, localisés ou renouvelés en violation du moratoire de mai 2002 sur l’allocation de nouvelles concessions forestières et élaborer un plan de développement des peuples autochtones.
Lucien K.Tshibambe