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Edition 4233 du Mardi 29 Janvier 2008

EDITORIAL

Où est passée la Snel ?

Par  Le Potentiel

Le pays de Nelson Mandela, première puissance économique du continent, accuse depuis quelques jours un important déficit électrique, incapable de faire face à l’explosion de la demande de son industrie lourde.

Si à l’intérieur du pays, les conséquences de cette crise se lisent déjà dans le vécu quotidien du Sud-africain, elles ne sont pas moins présentes sur les bourses internationales des métaux, l’Afrique du Sud demeurant l’une de grandes productrices mondiales.

Mais là n’est pas le problème. Car, pour le Congolais, la pénurie du courant électrique en Afrique du Sud relance le débat sur le poids réel de sa Société nationale d’électricité (Snel).

On sait que la Snell a un important potentiel hydroélectrique, concentré sur le site d’Inga dans le Bas-Congo. La situation que traverse l’Afrique su Sud aujourd’hui devait constituer une véritable aubaine pour la Snel.

Mais, hélas, notre Société nationale d’électricité, seul opérateur dans le secteur en RDC, est encore presque dans le coma, incapable de s’adapter au nouveau contexte africain, tel que tracé dans le Nepad.

Quand il s’agit de penser à la rentabilisation du courant d’Inga, les autorités de la Snel se montrent hésitantes, s’embourbant dans la plupart de cas dans un débat de sourds.

Depuis que l’Etat congolais, principal actionnaire de la Snel – du reste gestionnaire du site d’Inga – a fait preuve de son incapacité à apporter des capitaux frais pour relancer cet outil de production, la Snel se lançait dans une recherche effrénée de partenaires.

Des études ont prouvé, bien avant, combien une bonne partie de l’Afrique pouvait combler son déficit électrique, en s’appuyant sur le courant d’Inga. Aujourd’hui, avec la crise sud-africaine, cette assertion s’affirme sans que la RDC ne soit en mesure de s’en saisir. Parce qu’incapable de faire fonctionner Inga suivant sa capacité installée.

Le gouvernement sud-africain réfléchit déjà à une solution – provisoire pour juste parer au plus pressé. Cependant, il sait pertinemment bien qu’une solution durable ne pourrait venir que bien au-delà de ses frontières nationales. Vraisemblablement de la RDC, en misant sur Inga.

Mais, que reste-t-il de Inga. Des turbines à l’arrêt, attendant l’arrivée d’un éventuel bienfaiteur pour les réanimer.

La Snel ne se voile pas la face en reconnaissant qu’à propos de cette nécessaire réhabilitation, elle est « en partenariat avec différentes organisations (institutions financières et entreprises multinationales) pour redonner au complexe hydroélectrique d’Inga sa capacité de production ». Elle continue – dans une déclaration de son administrateur délégué général, lue à la tribune de l’Union panafricaine des journalistes économiques – « qu’à cet égard, le partenariat le plus avancé est celui conclu avec Mag Energy qui devra réhabiliter quatre groupes d’Inga II,… ». Où sont passés les autres partenaires, s’interroge-t-on ?

Comme réaffirmée dans le Nepad, l’indispensable relance de la Snel doit être une priorité pour Kinshasa. Inga devrait être un outil de production sur lequel il pouvait s’appuyer pour affirmer sa présence en Afrique. Réhabiliter Inga doit aujourd’hui être une des grandes priorités du gouvernement. Si Kinshasa n’en est pas conscient, ailleurs, comme en Afrique du Sud, l’on est convaincu que la solution à leur problème électrique se nomme Inga.