POLITIQUE NATIONALE
Médias : diversifier le journal télévisé trop institutionnel
Par Véron-Clément Kongo
Dans le cadre du renouveau pour tous les médias, des directives précises sont données par le ministre de la Communication et des Médias, M Emile Bongeli. Les contacts entrepris par le ministre avec divers médias ont pour finalité de dégager un programme d’actions à impact visible, porteuses d’un changement fondamental.
Le 18 février dernier, le ministre de la Communication et des Médias, M. Emile Bongeli, a présidé une séance de travail avec les membres du conseil d’administration de la RTNC. A cet effet, il leur a transmis la nouvelle vision du rôle dévolu à la chaîne officielle pour la reconstruction nationale.
Pour cela, il leur a proposé une feuille de route qui comprend notamment le renouvellement des programmes, la modernisation des équipements et l’accès aux nouvelles technologies de la communication, la diversification du journal télévisé trop institutionnel, l’amélioration de la structure commerciale, l’augmentation de la couverture nationale.
Avec la proposition relative à la diversification du journal télévisé trop institutionnel, un vent nouveau va-t-il souffler au sein de la chaîne nationale ? C’est le souhait de plus d’un observateur. Car, l’ouverture de la RTNC à tous les courants politiques est l’une des recommandations du Dialogue intercongolais, pratiquement foulée aux pieds par la chaîne officielle qui s’évertue à véhiculer un seul message. C’est comme si, à Sun City, on avait prêché dans le désert.
Parmi les institutions d’appui à la transition, il y en avait une qui attend d’ailleurs sa mutation en Conseil supérieur de l’audiovisuel. Il s’agit de la Haute autorité des médias, qui assumait le rôle de régulateur des médias. Que des quolibets ne lui avait-on pas lancés lorsqu’elle devait rappeler la chaîne nationale à l’ordre, en lui demandant de se conformer aux recommandations du Dialogue intercongolais ? En lieu et place d’une réaction de la part du gouvernement, c’était parfois une guerre ouverte entre l’Exécutif et la Haute autorité des médias.
UNE PROPOSITION VOUEE A L’ECHEC ?
A telle enseigne que chaque fois que cette institution d’appui à la transition demandait aux chaînes de télévision - tant publiques que privées - de lui déposer leurs cahiers des charges, la RTNC - qui devait prêcher par l’exemple - était parmi celles qui faisaient souvent la sourde oreille.
Face à l’attitude de la chaîne publique, on commençait à assister à une prolifération des chaînes de télévision privées. Des partis politiques ou des individus disposant de moyens financiers se sont lancés dans l’audiovisuel, dans le double but de concurrencer la RTNC et de communiquer avec leurs bases respectives. Encore une situation qui avait rendu la tâche difficile à l’organe de régulation des médias qu’est la Haute autorité des médias. Car, à l’exemple de la RTNC, certaines chaînes privées refusaient simplement de déposer leurs cahiers des charges. Aussitôt frappées, elles allaient en guerre contre l’institution de régulation des médias.
Ce que l’opinion doit d’abord retenir est que la diversification du journal télévisé trop institutionnel n’est qu’un des points de la feuille de route proposée par le ministre Bongeli aux membres du conseil d’administration de la RTNC. Toutefois, cela vaut son pesant d’or, d’autant plus que la chaîne nationale est avant tout un bien public. Elle doit, de ce fait, servir le peuple congolais tout entier et non un individu ou un groupe d’individus, tel que cela se passe actuellement. La question que l’on se pose maintenant est celle de savoir si la proposition du ministre de tutelle qui, fort heureusement, est de la formation politique au pouvoir, sera prise en compte ou jetée dans les oubliettes.
Nous osons croire qu’on donnera la chance au ministre Bongeli de réussir là où ses prédécesseurs ont, pour la plupart, échoué. Car, le parti au pouvoir a tout intérêt d’être tolérant. C’est là le gage pour faire triompher la démocratie sous son règne.