POLITIQUE NATIONALE
Nord-Kivu
Des déplacés de Mugunga ont marché après l’arrestation de leur président
Par Louis-Paul Eyenga Sana
Des milliers de déplacés du camp de Mugunga situé à 10 km de Goma, sont descendus hier jeudi 28 février 2008 dans la rue pour protester contre l’arrestation de leur président par les services de l’ANR. Une marche de protestation qui n’était pas du goût des autorités locales qui ont dépêché sur les lieux des agents de la Police nationale pour les disperser.
Selon une dépêche de radiookapi.net , Mugunga 1, site des déplacés situé à plus de 10 kilomètres à l’Ouest de Goma, a connu une certaine effervescence après que les déplacés soient descendus tôt hier matin dans la rue. Ils protestaient contre l’arrestation, la veille (mercredi 27 février 2008), par les services par les services de l’agence nationale de renseignement (ANR), a annoncé radiookapi.net. Femmes, hommes et enfants, en colère, brandissaient des pancartes disant « Nous voulons la libération, sans conditions, du président de notre site ». Selon les manifestants, leur président avait été arbitrairement arrêté chez lui dans la nuit de mercredi à jeudi par les services de l’ANR de la commune de Karisimbi. Après 10 kilomètres de marche, les manifestants ont été dispersés par la police d’intervention rapide, par le lancement des gaz lacrymogènes. Ils se dirigeaient alors vers le gouvernorat de province. Dans la fuite, certains manifestants ont été légèrement blessés. Le bourgmestre de la commune de Karisimbi déclare qu’il n’était informé ni du motif ni de l’arrestation du président du camp des déplacés par l’ANR. Il a assuré que l’homme arrêté a été libéré hier jeudi matin. Entre-temps, le calme est revenu. Les déplacés ont regagné leur camp lequel héberge 8.750 ménages, soit en moyenne six personnes par ménage.
Le HCR a annoncé dernièrement que l’effectif de déplacés sur les sites de Goma est passé de 60.000 à environs 45.000 personnes, suite à de nouveaux recensements. Une situation qu’on devait gérer avec habileté d’autant qu’il y avait des personnes vivant dans des hangars qu’il fallait transférer sur les autres sites dont celui de Bulengo.
Dernièrement, les comités de déplacés avaient refusé la distribution de vivres de PAM/Caritas devant s’effectuer sur la taille des ménages et non sur une base moyenne de famille de taille cinq (plus de 3500 ménages de taille une sur Mugunga II). Cette même méthode basée sur la taille des familles devrait être appliquée sur le site de Mugunga I lors de la distribution de vivres PAM/Caritas, prévu fin février. Ces faits ont créer une psychose parmi les déplacés qui se considéraient abandonner et qu’il fallait pas que l’on puisse fragiliser leur président à travers une arrestation. Le PAM a réagi pour réapprovisionner ses réserves alimentaires. Les autres agences humanitaires du système des Nations unies dont le CIRCR, le HCR et l’OCHA se sont investies pour que la situation puisse redevenir normale.