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Edition 4369 du Jeudi 26 Juin 2008

EDITORIAL

Marketing politique

Par  Le Potentiel

Le Conseil de ministres demain vendredi à Kananga, chef-lieu du Kasaï Occidental, répondrait-il à un simple marketing politique ? Ou, dans les meilleurs des cas, à un souci de l’Exécutif d’apporter des solutions concrètes aux problèmes qui s’y posent ?

« Sans eau, sans électricité, notre province ne peut pas se développer », s’inquiète son élite, alors qu’arrivent à Kinshasa ingénieurs et matériels chinois dans le cadre de l’exécution des accords conclus entre le gouvernement congolais et un collectif d’investisseurs chinois.

« En échange de concessions minières, exploitées en partenariat avec des entreprises publiques congolaises, donnant de l’emploi aux Congolais et produisant de la valeur ajoutée localement, les banques chinoises acceptent de contribuer au financement de nos Cinq chantiers », avait expliqué le président la République, Joseph Kabila Kabange, dans son discours du 6 décembre 2007 devant le Congrès.

Disposant d’un site touristique extraordinaire avec le lac Munkamba, le secteur touristique souffre malheureusement de l’absence d’investissements dans l’hôtellerie. Pour des raisons évidentes.

Aujourd’hui, avec une densité de 21,56 habitants au kilomètre carré, le Kasaï Occidental ne veut pas rater les opportunités qu’offre le programme de réhabilitation et de reconstruction du gouvernement. C’est ce qu’ont compris ses 58 représentants au parlement (4 sénateurs et 54 députés), parlant pour le compte de l’ensemble des 3,5 millions de citoyennes et de citoyens.

Lors du débat à l’Assemblée nationale sur les «contrats chinois», ils ont exprimé des craintes pertinentes en rapport avec les infrastructures à réhabiliter ou à construire. Quoique le gouvernement ait révélé que les fonds chinois financeraient au Kasaï Occidental une bretelle du chemin de fer Katanga-Bas-Congo, deux routes de terre battue (Kananga-Mbuji Mayi et Kananga-Kapanga), 30 km de voirie urbaine (Kananga), la construction d’un centre de santé par territoire, de deux hôpitaux de 150 lits et d’un barrage hydroélectrique (Katende).

S’agissant de la «compensation» à laquelle devrait avoir droit leur province, ils ont posé le problème en termes clairs. «Que gagnerait le Kasaï Occidental si ses gisements miniers venaient à être mis à la disposition des Chinois pas satisfaits des réalisations prévues au Katanga ?», ont-ils interrogé.

Un autre problème susceptible de figurer à l’ordre du jour, est celui de l’agriculture dans cette partie du pays. Jadis grenier agricole, le Kasaï Occidental est devenu curieusement dépendant des provinces environnantes et de l’étranger au plan alimentaire.

Quel est le programme agricole du gouvernement pour la relance d’un secteur qui, sous d’autres cieux, est la base de l’industrialisation ? La part réservée à l’agriculture dans le budget 2008 pourra-t-elle répondre aux attentes des populations du Kasaï Occidental ? C’est à ces questions et à tant d’autres que le Conseil de ministres doit également répondre.