ECHOS DES PROVINCES
Opération de revérification des réfugiés
Bas-Congo : 18.408 Angolais candidats au rapatriement volontaire
Par Véron-Clément Kongo
A l’issue de la réunion tripartite Angola, Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et la République démocratique du Congo (RDC), qui s’était tenue à Kinshasa, les 8 et 9 avril 2009, le gouvernement angolais avait émis des réserves par rapport au nombre des volontaires angolais pour le rapatriement. D’où l’opération de revérification démarrée le 20 juillet dernier et qui, en date du 10 août 2009, indique déjà, pour la province du Bas-Congo, 18.408 candidats au rapatriement volontaire et 17.438 ayant opté de rester sur les 35.846 revérifiées.
En compagnie de Me Rigobert Moupondo, secrétaire permanent à la Commission Nationale pour les Réfugiés (CNR), Mme Victoria Akyeampong, représentante adjointe du HCR en RDC et en République du Congo, a séjourné, du vendredi 14 au samedi 15 août 2009 à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo, pour se rendre compte de la manière dont se déroule l’opération de revérification des réfugiés angolais démarrée depuis le 20 juillet dernier.
Comme l’a précisé le secrétaire permanent à la CNR, c’est suite à la contestation, par le gouvernement angolais, du nombre des rapatriés volontaires enregistrés en 2006, que le gouvernement congolais a accepté de refaire cet exercice, en associant cette fois-ci les Angolais. Selon Me Moupondo, l’opération de 2009 diffère de celle de 2006 par le fait qu’en 2006, un formulaire de rapatriement volontaire (VRF) était remis aux réfugiés qui manifestaient le désir de rentrer chez eux. Ceux qui ne s’étaient pas encore décidés recevaient des attestations. Document qu’ignoraient les Angolais. Et, à la publication du nombre global de rapatriés volontaires, l’Angola a contesté. Il n’en sera plus question à l’issue de cette opération de revérification, a affirmé Me Moupondo, pour la plus simple raison que l’Angola est également associée. Toutes les dispositions sont prises pour qu’il n’y ait pas d’infiltrés parmi ceux des réfugiés angolais qui désirent rentrer. Par la même occasion, il a attiré l’attention de certains services de l’Etat qui délivrent de faux documents aux réfugiés moyennant paiement. Le seul document valable, a-t-il déclaré, est celui délivré conjointement et gratuitement avec le HCR et le gouvernement congolais à travers la Commission nationale pour les réfugiés.
Qu’il s’agisse du site ouvert dans l’enceinte de l’Institut Mgr Lubaki dans la commune de Mvuzi à Matadi ou ailleurs, on y trouve, au cours de l’opération, des bureaux de contrôle et d’identification des réfugiés sur base de la carte de ration et du formulaire de vérification pré imprimé par le HCR de vérification/enregistrement et de saisie de dossier. Une commission a été chargée du règlement des litiges.
A Kinshasa, l’opération de revérification des réfugiés angolais installés spontanément et qui détiennent une attestation ou encore un formulaire de rapatriement volontaire a relevé un total de 13.447 personnes, dont 10.374 ont exprimé l’intention de retourner en Angola.
RAPPEL HISTORIQUE
Arrivés au Bas-Congo par vagues successives, les réfugiés angolais y sont depuis 30 ans. La majorité est d’origine ethnique kongo venant des provinces du Nord de l’Angola, notamment Zaïre et Uige.D’autres petits groupes viennent du Nord-Ouest (Bengo), de la capitale Luanda et des zones du Sud (Huambo, Bie, Benguela, Kwanza). Ces réfugiés vivent
Dans les villages et centres commerciaux situés le long de deux axes principaux, à savoir, l’axe Kasangulu-Matadi et Kwilu-Ngongo-Kimpangu.
Les trois décennies de conflit civil qui ont meurtri l’Angola ont forcé plus d’un demi million d’Angolais à fuir dans les pays voisins. Le rapatriement organisé des réfugiés angolais de la RDC déclenché depuis le 20 juin 2003 par le point frontalier de Lufu/Luvo a permis le retour en Angola en toute sécurité et dignité de plus de 40.000 personnes installées dans les sites de Kisenge, Kimpese, Ngidinga, Kinshasa et Kasangulu. La dernière phase de ce processus avait démarré en octobre 2005 sur les sites de Kimvula et Kahemba où l’on a rapatrié respectivement 2.941 et 1.366 personnes.
Comme l’ont souligné Mme Victoria Akyeampong et Me Moupondo, cette opération de vérification permettra de déterminer les chiffres exacts ainsi que les intentions de retour, les zones de destinations finales en République d’Angola en spécifiant la province, la municipalité, la commune, le sexe et la tranche d’âge. L’opération va se terminer au mois de septembre prochain.